Pourquoi faire mesurer votre lipoprotéine(a) lors de votre prochaine visite chez le médecin

24 août 2026

As-tu déjà fait mesurer ta lipoprotéine(a) ? Si ce n’est pas le cas, c’est une bonne idée d’en discuter lors de ta prochaine visite chez le médecin généraliste. Cette valeur sanguine en dit long sur tes risques de maladie.

As-tu déjà entendu parler de la lipoprotéine(a) ? Pas de souci si ce n’est pas le cas. C’est le facteur de risque des maladies cardiovasculaires que beaucoup ignorent réellement.

Deux expertes expliquent pourquoi il est particulièrement utile de déterminer cette valeur par une prise de sang et sur quoi il faut être attentif si elle sort de la norme.

Qu’est-ce que la lipoprotéine(a) exactement ?

La lipoprotéine(a) est un composant du sang. « Elle est construite comme le « mauvais » cholestérol LDL, » explique Anja Vogt, médecin spécialiste en médecine interne et vice-présidente de la DGFL – Lipid-Liga. La différence : à cela s’attache en plus une protéine, l’apolipoprotéine(a). Selon la société savante, les lipoprotéines se compareraient à des « taxis de charge » qui transportent les graisses et des substances graisseuses dans le sang.

La quantité de lipoprotéine(a) qui circule dans le sang est génétiquement déterminée. L’alimentation ou l’activité physique ne peuvent pas influencer ce niveau. « Il est probable que la lipoprotéine(a) avait autrefois une fonction physiologique, apportait peut-être même un avantage évolutif, mais aujourd’hui elle n’a aucun bénéfice connu », déclare Anja Vogt.

Au contraire : un niveau élevé de lipoprotéine(a) n’est pas une bonne nouvelle, car c’est un facteur de risque pour diverses maladies.

Pourquoi exactement la lipoprotéine(a) est-elle considérée comme un facteur de risque pour l’infarctus et l’AVC ?

« S’il en circule trop dans le sang, il s’accumule dans les parois des artères comme le cholestérol LDL. Si d’autres facteurs de risque s’ajoutent, comme le tabagisme, cet effet se renforce », explique Anja Vogt.

Le dépôt de ces dépôts dans les vaisseaux sanguins entraîne un risque accru d’AVC, d’infarctus et aussi de la maladie artérielle périphérique (MAP), c’est‑à‑dire des troubles de la circulation dans les jambes. « En fin de compte, n’importe quelle artère peut être touchée, par exemple au niveau du rein, ou encore la valve aortique », précise Vogt.

La lipoprotéine(a) agit également comme facteur inflammatoire. Et : « Avec une valeur plus élevée, les caillots se forment plus rapidement et se dissolvent plus lentement », affirme Norbert Smetak, premier vice-président de la Fédération professionnelle des médecins internistes et internes allemands (BDI).

Les évolutions des maladies varient toutefois considérablement, selon la Deutsche Herzstiftung. Certaines personnes présentant des valeurs élevées de lipoprotéine(a) développent des maladies cardiovasculaires dès un âge relativement jeune. D’autres restent longtemps sans symptômes.

À partir de quelle valeur de lipoprotéine(a) devient-elle critique ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe deux façons de mesurer, qui ne sont pas directement comparables ni convertibles entre elles. Norbert Smetak donne un aperçu :

  • La valeur normale, appelée ainsi, se situe à 30 mg par décilitre (mg/dl) ou 75 nanomoles par litre (nmol/l).
  • Entre 30-50 mg/dl ou 75-105 nmol/l, le risque est modéré, au‑delà on se situe déjà dans le groupe à risque.
  • Les médecins comme Smetak parlent d’un risque très élevé à partir de 180 mg/dl ou 430 nmol/l.

Le spécialiste résume ainsi : « Plus la valeur est élevée, plus le risque est élevé. »

Cependant, d’autres valeurs sanguines et l’état de santé général jouent aussi un rôle. « Surtout en combinaison avec un taux élevé de cholestérol LDL ou d’hypertension artérielle, les chances d’un infarctus augmentent », précise Smetak. Pour une évaluation précise des risques, il faut donc adopter une vue d’ensemble – et pas se focaliser uniquement sur la lipoprotéine(a).

À quelle fréquence se présentent des valeurs élevées de lipoprotéine(a) ?

Norbert Smetak: « Environ 20 à 30 pour cent de toutes les personnes ont des valeurs de lipoprotéine(a) trop élevées – ce problème n’est donc pas rare et concerne de nombreuses personnes.»

La caisse maladie prend-elle en charge les coûts du test Lipoprotéine(a) ?

Cela dépend du cas et du contexte médical. Souvent toutefois, les caisses d’assurance maladie obligatoires prennent en charge les coûts – par exemple lorsque des infarctus, AVC et autres événements existent déjà dans la famille.

Dans d’autres situations, le test doit être payé par le patient lui‑même. Les coûts, selon le laboratoire, se situent généralement en dessous de 25 euros. Il est préférable d’évoquer la question du coût au préalable avec les médecins traitants.

Dois-je faire mesurer cette valeur à intervalles réguliers ?

Non, en règle générale, une seule mesure suffit. « Comme la taille des particules de lipoprotéine est largement déterminée génétiquement, il faut généralement la mesurer qu’une seule fois dans une vie. C’est aussi ce que recommandent les directives », déclare Anja Vogt, responsable de la lipide ambulatoire au LMU-Klinikum de Munich.

Ma valeur sort des rails, est trop élevée. Et maintenant ?

Fermer les yeux ? Se résigner au fatalisme ? Ces attitudes ne vous aideront pas dans une telle situation. Car il est certain que lorsque le lipoprotéine(a) est élevé, il est utile d’adopter un mode de vie plus sain.

Ou, plus concrètement : « une alimentation saine, l’abstinence de tabac et d’alcool, beaucoup d’exercice et de musculation, ainsi qu’un poids corporel sain réduisent considérablement l’importance de ce taux », explique Anja Vogt.

Quelles possibilités de traitement existent aujourd’hui pour les personnes ayant des valeurs très élevées de lipoprotéine(a) ?

À l’heure actuelle, il n’existe que peu de moyens permettant de réduire significativement le taux de lipoprotéine(a), à l’exception de la lipidapherèse, une sorte de « lavage du sang » qui n’est utilisée qu’en cas extrême, car elle est très contraignante.

Si le taux de LDL est aussi élevé, on utilise des Statines qui abaissent ce taux — et par conséquent le risque global de maladies cardiovasculaires.

Cependant, il existe aussi de l’espoir pour de nouvelles approches pharmacologiques, souligne Norbert Smetak: « des médicaments capables de réduire spécifiquement la lipoprotéine(a) sont en dernière phase d’essais cliniques ».

En attendant, il faut impérativement : minimiser les autres facteurs de risque tels que le tabagisme, l’hypertension, le diabète et la sédentarité et demander régulièrement au médecin s’il existe de nouvelles options thérapeutiques. Ceux qui présentent des valeurs très élevées ou qui ont déjà des dépôts vasculaires devraient être particulièrement vigilants – et saisir l’opportunité d’agir activement pour leur santé.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.