Passer son chemin peut être puni : qui doit aider, quand et comment agir
31 août 2026
Quiconque n’aide pas en situation d’urgence prend plus que la mauvaise conscience : cela peut être pénalement punissable. Quand l’obligation d’aider s’applique – et que faire en cas d’incertitude ?
Un court moment d’inattention, le fracas, une personne qui reste sans réaction sur le sol. Soudain, vous, en tant que passant·e, vous retrouvez confronté·e à de nombreuses questions : Dois-je aider maintenant ? Et si je fais quelque chose de mal ? Et : est-ce que je m’expose à des poursuites si je me contente de continuer mon chemin ?
L’aide apportée dans une telle situation n’est clairement pas seulement une question de morale, mais aussi de droit. Celui ou celle qui n’aide pas quelqu’un en détresse alors que cela lui serait possible et raisonnable peut s’exposer à des poursuites pénales. Le Code pénal qualifie cela d’aide à la personne en danger omise. Mais que faut-il exactement faire – et où se situent les limites de son devoir ? Les questions et réponses les plus importantes, en bref.
Dans quelles situations dois-je porter secours aux autres ?
Le Code pénal parle de sinistres, de dangers généraux ou de situations d’urgence dans lesquelles l’aide est nécessaire. L’avocat Christian Rode, qui est également membre de l’Association de droit pénal du barreau allemand, l’explique ainsi : « Un sinistre est un évènement soudain qui entraîne un danger important pour un bien juridique individuel » – par exemple, un accident.
Que le bien juridique en danger soit la vie, la santé, la propriété ou la liberté d’autrui n’a pas d’importance. Ce n’est que si une personne a provoqué intentionnellement et de manière délibérée ce danger que, selon Rode, l’obligation d’aider ne s’applique pas.
Un danger général désigne une situation de danger pour un nombre indéterminé de personnes et de biens de valeur importante. Même dans ce cas, les témoins sont obligés d’aider. Il en va de même pour la notion d’urgence générale – c’est-à-dire une détresse qui concerne l’ensemble de la population, par exemple en cas de catastrophe naturelle, d’incendie, de panne d’eau ou d’électricité, ou d’épidémies.
D’après Rode, l’objectif de cette norme pénale est d’assurer un minimum de devoirs de solidarité.
Dois-je m’exposer moi-même au danger ?
Évidemment non. Personne ne doit mettre sa vie en danger pour apporter de l’aide; l’aide doit toujours être raisonnable et faisable.
Quand y a-t-il concrètement une aide à recevoir de l’aide omise ?
« Une aide omise survient lorsque quelqu’un n’agit pas délibérément, ne fait rien du tout alors qu’il pourrait », déclare Leonora Holling, avocate et trésorière de la Chambre fédérale des avocats. En d’autres termes, il s’agit d’un non-agir conscient en situation de danger ou d’urgence.
« C’est le cas lorsque l’on passe simplement devant une personne inconsciente ou que l’on détourne le regard sans entreprendre d’action », précise Holling. Il en va de même pour un accident de la route auquel on passe sans agir ou lorsque l’on ignore une détresse évidente.
Cependant, une aide supplémentaire n’est pas nécessairement requise si l’on peut clairement voir que les secours sont déjà sur place ou que d’autres aident déjà de manière suffisante.
Que se passe-t-il si je ne sais pas comment aider ?
Les aides doivent agir uniquement dans le cadre de leurs compétences et possibilités. « Un médecin doit apporter l’aide différemment qu’un layperson » dit Christian Rode. « Celui qui ne sait pas comment réaliser une trachéotomie n’est pas obligé de la pratiquer ». Cependant, celui qui se sent capable de gestes de premiers secours peut le faire.
De plus, un·e grimpeur·euse peut apporter d’autres secours sur une montagne que des randonneur·se·s peu expérimenté·e·s. Et une personne qui ne sait pas nager peut ne pas être en mesure de sauver une personne qui se noie, tandis qu’un·e nageur·se doit essayer.
En cas de doute, les passant·e·s devraient au moins appeler les secours, si aucune équipe d’urgence n’est encore visible. Selon Holling, cela constitue déjà une aide. De plus, une scène d’accident peut être sécurisée par des feux de détresse allumés ou un triangle de signalisation. Les aidants peuvent aussi tenter de parler aux personnes concernées, les apaiser et faire venir d’autres passant·e·s. Le type d’aide peut donc être très varié.
Quelle sanction me menace en cas d’aide omise ?
La loi prévoit, en cas de condamnation, une peine d’emprisonnement allant jusqu’à un an ou une amende. À noter : la sanction ne vise pas uniquement ceux qui omettent d’aider. Ceux qui entravent les secours ou d’autres aidants pendant leur travail peuvent également être poursuivis, rappelle Leonora Holling.
Tu veux apprendre les premiers secours ?
De nombreuses organisations proposent des cours en présentiel permettant à des amateurs d’acquérir les bases des premiers secours. Tu les trouveras après une simple recherche en ligne ; parmi les fournisseurs figurent notamment la Croix-Rouge allemande (DRK), les Malades et les Johanniter. Pour des cas spéciaux – par exemple les premiers secours chez les enfants – il existe également des offres. Des services numériques peuvent aussi aider à rafraîchir tes connaissances. Le DRK propose divers guides et vidéos sur le comportement en situations d’urgence, et l’application Malteser gratuite résume les connaissances et est destinée à soutenir en cas de besoin.
Aider: puis-je être puni si je fais des erreurs ?
« En règle générale, il n’y a pas de peine ou d’obligation de réparer les dommages lorsque l’on veut aider et que l’on commet une erreur », affirme Leonora Holling. Ce n’est que dans des cas exceptionnels, lorsque la personne aidante agit de manière grossièrement délibérée ou négligente, que cela peut arriver – par exemple si elle n’a même pas envisagé les choses les plus simples.
Selon Holling, cela est toutefois très rare. « Le droit allemand protège largement les premiers secours afin que personne n’hésite à aider par peur de possibles erreurs ». Selon Christian Rode, un tribunal prend aussi en compte le stress et l’absence de clarté dans la situation d’aide concrète. Donc: mal aider est mieux que pas aider du tout.
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Noé Valmont
Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.