Pour la transition énergétique du chauffage, il est crucial que les immeubles anciens particulièrement inefficaces soient rapidement rénovés. C’est ce que montre une étude. Le passage aux pompes à chaleur permettrait d’économiser énormément d’électricité – et beaucoup d’argent.
La courte étude réalisée par l’institut renommé de recherche sur l’énergie et l’environnement de Heidelberg (ifeu) a été commandée par Deutsche Umwelthilfe (DUH). Elle date de mars 2025 et délivre une conclusion nette : l’Allemagne doit rénover des millions de bâtiments inefficaces afin de réduire la consommation d’énergie future et d’atteindre les objectifs climatiques dans le secteur du bâtiment.
6 000 éoliennes de moins: combien les rénovations pourraient économiser
L’Allemagne vise à atteindre la neutralité climatique d’ici 2045. Le chauffage des bâtiments et leur état énergétique jouent un rôle important dans cet objectif. Dans l’étude, l’ifeu suppose que en 2045, 60 pour cent de tous les bâtiments seront chauffés par des pompes à chaleur. On ne sait pas si cette prévision résiste face aux nouveaux plans de chauffage du gouvernement fédéral.
Dans ce scénario, en tout cas, la majeure partie de l’électricité consommée par les pompes à chaleur provenait des bâtiments les moins efficaces sur le plan énergétique. En effet, les pompes à chaleur sont d’autant plus efficaces que la température de chauffage nécessaire est faible. Les bâtiments mal isolés nécessitent généralement des températures élevées et, par conséquent, consomment beaucoup d’électricité pour la pompe à chaleur.
Selon l’étude, il est donc essentiel pour le succès de la transition du chauffage que les bâtiments ayant les pires performances énergétiques (classes F, G et H) soient rénovés sur le plan énergétique. Ces bâtiments consomment jusqu’à dix fois plus d’énergie pour le chauffage, l’eau chaude et la climatisation que les bâtiments rénovés de la classe A+.
Si ces bâtiments les plus inefficaces étaient entièrement rénovés d’ici 2045 (par exemple en faisant passer 50 pour cent en classe C, 40 pour cent en classe B et 10 pour cent en A ou A+), la future demande d’électricité pour toutes les pompes à chaleur en Allemagne pourrait diminuer de manière impressionnante de 31 pour cent. Selon les chercheurs, cela signifierait, sur le plan purement comptable, qu’il serait possible d’économiser environ 6 000 éoliennes.
Pour les habitants de bâtiments anciens, les rénovations énergétiques sont rentables, car à long terme elles permettent d’économiser des coûts énergétiques élevés. Indépendamment du type de chauffage, le chauffage dans les classes d’efficacité les plus mauvaises coûte trois à quatre fois plus cher que dans les meilleures.
« Plus un bâtiment est mauvais dans son état initial, plus les travaux de rénovation sont rentables », indique le rapport de l’ifeu. De plus, un bon état énergétique augmente la valeur du bien.
Sanierte Gebäude helfen dem Stromnetz
Les bâtiments des classes d’efficacité énergétique inférieures ne peuvent pas garder longtemps la chaleur en raison d’une isolation médiocre. Ils se refroidissent nettement plus rapidement et doivent donc chauffer davantage.
Cela ne se limite pas, selon l’étude, aux coûts de chauffage : une maison bien isolée qui reste chaude longtemps même lorsque le chauffage est éteint peut être chauffée beaucoup plus flexible — par exemple en activant la pompe à chaleur lorsque les prix de l’électricité sont bas. Cela se produit lorsque beaucoup d’électricité éolienne ou solaire bon marché est disponible dans le réseau. Adapter la consommation aux fluctuations de la quantité d’électricité dans le réseau aidera, à l’avenir, à alléger les réseaux électriques.
L’étude soutient également qu’un parc immobilier rénové représente un investissement économique rentable pour l’économie. Les rénovations permettraient à long terme d’économiser des coûts et aideraient l’Allemagne à atteindre les objectifs du règlement européen sur la répartition des charges et à éviter des pénalités.
Étude : Ces mesures concrètes sont nécessaires maintenant
L’étude de l’ifeu souligne qu’il est nécessaire d’établir des cadres politiques clairs et formule des recommandations concrètes.
- La politique doit clairement fixer qu’à l’horizon 2045 un parc immobilier climatiquement neutre doit être atteint et indiquer que la demande finale d’énergie doit fortement diminuer. Pour cela, il faut envisager et transformer le secteur du bâtiment ainsi que les secteurs de l’approvisionnement et les réseaux de manière conjointe. Ainsi, l’Allemagne pourrait devenir un « bon exemple » pour les autres États membres de l’UE.
- Les exigences légales doivent viser cet objectif et définir des normes « Zero-Emission Building » (ZEB) — c’est‑à‑dire des normes de bâtiments à émissions nulles — pour les constructions neuves et existantes.
- Le paysage public de subventions doit être planifiable à long terme, s’orienter vers le standard ZEB (voir ci‑dessus) et mettre l’accent sur la rénovation des « Worst Performing Buildings », c’est‑à‑dire les bâtiments les moins efficaces.
- Les offres de conseil, en particulier le plan individuel de rénovation (iSFP), doivent être alignées de manière cohérente sur l’objectif de neutralité climatique afin de donner aux propriétaires une perspective claire à long terme.
- De plus, la planification thermique communale devrait identifier des « zones prioritaires de rénovation », notamment dans les régions où les réseaux de gaz seront débranchés.
- Pour augmenter le faible taux de rénovation, toute intervention de travaux déjà envisagée devrait être utilisée pour améliorer de manière ciblée les éléments mal isolés.
« Besoin d’un virage clair »
La DUH, qui avait commandé l’étude, appuie sur une mise en œuvre rapide des mesures, en particulier la rénovation des « Worst-Performing Buildings », de nouvelles aides publiques et l’ajustement du cadre légal.
Barbara Metz, directrice générale de la DUH, réclame : « Nous avons besoin d’un virage clair dans la politique du bâtiment. Ce n’est qu’en rénovant correctement les bâtiments en Allemagne que l’on peut s’assurer que toutes les personnes pourront payer leurs coûts de chauffage à l’avenir et que les objectifs climatiques seront atteints. »
Autant d’économies possibles grâce à une rénovation énergétique
Une analyse plus récente, réalisée par CO2Online au printemps 2026, tente d’estimer les avantages financiers possibles pour les propriétaires qui, en plus de l’installation d’une pompe à chaleur, rénovent énergiquement leur maison.
Quiconque effectue des rénovations énergétiques et passe d’un heating au gaz à une pompe à chaleur peut, dans un modèle de maison individuelle typique sur 20 ans, économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le calcul sur 20 ans prend en compte les coûts énergétiques, les coûts d’investissement, les aides, les coûts d’entretien et la valorisation du bâtiment.
Selon le calcul, en raison des coûts de chauffage réduits après une rénovation avec une pompe à chaleur, on peut économiser environ 40 pour cent des coûts énergétiques et, après 20 ans, se trouver environ à 11 000 euros en dessous d’un chauffage au gaz.
En ajoutant la valorisation immobilière, l’écart financier avec une pompe à chaleur air-eau par rapport à un chauffage au gaz pourrait atteindre environ 70 000 euros, et une pompe à chaleur géothermique serait en avance d’environ 90 000 euros par rapport à un chauffage au fioul.
Dans la pratique, le calcul peut varier selon le type de bâtiment.