Des chercheurs estiment que quelques minutes d’activité quotidienne peuvent aider à prévenir la perte de mémoire

26 avril 2026

  • Une nouvelle étude examine la manière dont la mémoire et l’exercice sont liés.
  • Des scientifiques ont étudié le cerveau humain et ont découvert dans quelle mesure l’exercice peut aider à prévenir la perte de mémoire au fil du temps.
  • Des experts partagent leurs réflexions sur ces résultats.

Des chercheurs ont étudié des patients atteints d’épilepsie résistant aux médicaments, soumis à une surveillance invasive dans le cadre d’une procédure, ce qui leur a permis de suivre l’activité cérébrale de près et en temps réel grâce à un électroencéphalogramme intracrânien (EEG) mesurant l’activité à l’aide d’électrodes chirurgicalement implantées, ou de petits disques métalliques conducteurs.

Rencontrez les experts : Dinesh Sivakolundu, M.D., Ph.D., neurologue au MS Neuromuscular Center of Excellence ; et Kamal Wagle, M.D., médecin spécialiste en médecine gériatrique à Hackensack Meridian Health.

Pour l’étude, publiée dans Brain Communications, les participants ont d’abord effectué 20 minutes de repos, puis 20 minutes de cyclisme d’intensité modérée, ce qui leur a permis de rester assis en toute sécurité. Chaque séance se terminait par une autre période de repos de 20 minutes. Avant et après l’effort, l’activité cérébrale de l’hippocampe (centre de stockage de la mémoire) et du néocortex (responsable de la perception sensorielle, du langage, de la conscience spatiale et d’autres fonctions évoluées) a été enregistrée.

Après l’exercice, les chercheurs ont constaté une augmentation du nombre de pics d’ondes hippocampales, des oscillations brèves et de haute fréquence qui se produisent dans l’hippocampe, surtout pendant le repos ou le sommeil, et qui sont essentielles à la consolidation de la mémoire, explique Dinesh Sivakolundu, M.D., Ph.D., neurologue au MS Neuromuscular Center of Excellence.

On peut comparer les pics d’ondes hippocampales au bouton « sauvegarder » les souvenirs du cerveau, déclare Kamal Wagle, M.D., médecin en médecine gériatrique à Hackensack Meridian Health. Les chercheurs ont également constaté une corrélation positive entre une augmentation du rythme cardiaque et le taux de ripple, ce qui pourrait, à terme, favoriser une formation et un rappel des souvenirs plus efficaces, conclut le Dr Wagle.

Comment l’exercice et la prévention de la perte de mémoire sont-ils liés ?

Il y a toujours davantage à apprendre sur cette connexion, mais le Dr Wagle suggère que, au cœur du mécanisme, l’exercice augmente le flux sanguin vers le cerveau, apportant plus d’oxygène et de nutriments essentiels. Le mouvement stimule également la libération du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), ajoute-t-il, une protéine qui soutient la survie des neurones existants — des cellules importantes qui envoient des messages à travers le cerveau — et encourage la croissance de nouvelles cellules.

La façon dont tout cela se rapporte aux pics d’ondes hippocampales, qui constituent le cœur de cette étude, demeure encore en cours d’étude. Cependant, des recherches sur les animaux ont montré que le vieillissement s’accompagne d’une réduction du taux de ripple pendant le sommeil et les périodes de repos conscientes, ce qui peut, avec le temps, contribuer à une perte de mémoire. Donc, en théorie, d’après les résultats de cette étude, l’exercice pourrait stimuler les ripple et compenser ceux qui manquent, potentiellement contrebalançant les déficits mnésiques liés à l’âge, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour le confirmer.

Le verdict final

L’exercice n’est pas seulement bénéfique sur le plan comportemental : il influence directement les signaux neuronaux fondamentaux qui soutiennent la mémoire, affirme le Dr Sivakolundu.

Il est important de noter que cette étude n’a porté que sur des changements à court terme dans une population spécifique, nous devons donc comprendre comment ces résultats se traduisent à plus long terme et de manière plus générale.

Néanmoins, ils renforcent une pierre angulaire de la santé cérébrale. « Ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau », déclare le Dr Wagle. « Une activité physique régulière est une pierre angulaire d’un mode de vie favorable à la mémoire, aux côtés d’une alimentation nutritive, de la gestion du stress et d’un sommeil de qualité. »

Il conclut : « Intégrer de courtes promenades rapides, ou d’autres formes d’exercice adaptées à vos capacités, dans votre routine quotidienne peut avoir un impact significatif sur votre bien-être cognitif à long terme. Il s’agit d’un investissement conscient dans votre moi futur, afin d’assurer une vie qui soit non seulement longue, mais aussi dynamique et riche en souvenirs précieux. »

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.