Les emballages sont pratiques, mais ils génèrent des déchets qui se retrouvent souvent dans l’environnement. Certains matériaux sont même soupçonnés de nuire à la santé. De nouvelles règles doivent limiter les montagnes d’ordures.
Les emballages doivent être aussi petits que possible et le système de consigne sera bientôt disponible dans d’autres pays : l’Union européenne s’attaque aux emballages vides. Désormais, une nouvelle réglementation s’applique, qui va progressivement bannir du quotidien des consommateurs certains plastiques et gros emballages. Nombreux sont les changements importants qui ne prendront effet qu’en 2030.
Pourquoi y a-t-il de nouvelles règles ?
Les déchets d’emballage constituent un problème majeur. Selon Eurostat, en 2023, on a enregistré 177,8 kilogrammes de déchets d’emballage par habitant. Le nouveau cadre vise à réduire ces déchets dans l’UE d’au moins 15 % d’ici 2040 par rapport à 2018. Dans un premier temps, la réduction sera de 5 % d’ici 2030, puis de 10 % d’ici 2035.
Qu’est-ce qui change pour les emballages ?
Toutes les emballages mis sur le marché devront désormais être recyclables. Cela signifie qu’un emballage doit être conçu pour le recyclage des matières et pouvoir être collecté, trié et recyclé à grande échelle. Des exceptions existent toutefois pour certaines catégories d’emballages, notamment ceux fabriqués avec du bois léger, du liège, du textile, du caoutchouc, de la céramique, de la porcelaine ou de la cire.
Indépendamment de la réglementation européenne sur les emballages, le ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD) prévoit également pour l’année prochaine une taxe sur le plastique afin d’augmenter le coût d’utilisation de ce matériau.
Quelles emballages vont être supprimées ?
Selon le règlement, plusieurs emballages courants actuellement sur le marché devraient être supprimés dans le cadre de ces nouvelles règles. Parmi eux :
- petites portions plastiques telles que les sachets de ketchup et les boîtes de crème pour café
- filets et barquettes plastiques pour fruits et légumes pesant moins de 1,5 kilogramme
- mini-flacons de shampoing dans les chambres d’hôtel
- Boîtes à burgers ou sacs en papier pour le Döner (en raison d’un revêtement PFAS)
- Très légers sacs plastiques
Des exceptions sont prévues, notamment lorsque l’emballage est nécessaire pour des raisons d’hygiène.
Qu’en est-il des emballages surdimensionnés ?
Les emballages qui, par exemple, paraissent plus gros que le produit à cause de double parois, de fonds trompeurs ou de couches superflues, seront désormais interdits. À partir du 1er janvier 2030, de nouvelles règles s’appliqueront à la taille générale des emballages : les fabricants et les importateurs devront veiller à ce que les emballages mis sur le marché soient aussi petits que possible.
De plus, à partir de 2030, les emballages de transport et les sur-emballages — par exemple les cartons lors des commandes en ligne — ne pourront contenir au maximum 50 pour cent d’espace vide. L’espace occupé par du papier, du papier bulle ou des billes de polystyrène est aussi considéré comme espace vide.
Qu’en est-il des emballages alimentaires ?
Des dispositions nouvelles existent aussi pour les emballages alimentaires, notamment ceux en carton et en papier. Pour ces emballages, on utilise fréquemment des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) qui les rendent hydrophobes et déperlantes. Cela évite que la boîte à burger ou le sac à gyros ne se détrempe. Le problème : ces substances persistent dans l’environnement et dans le corps humain et sont donc qualifiées de “substances éternelles”. Il existe des indices montrant que certains PFAS présentent des risques pour la santé.
Désormais, il existe des valeurs limites PFAS à l’échelle de l’UE : les fabricants et les importateurs ne peuvent plus mettre sur le marché des emballages alimentaires qui dépassent ces seuils. Selon la Verbraucherzentrale Baden-Württemberg, les valeurs limites sont si basses que l’utilisation délibérée est quasiment exclue. Ce qui est en stock peut toutefois encore être utilisé.
Qu’est-ce qui change pour les consommateurs ?
Il deviendra plus facile de distinguer quels emballages sont réutilisables et lesquels ne servent qu’une fois: à partir de février 2029, les emballages réutilisables destinés à la vente devront être clairement étiquetés et différenciés des emballages à usage unique. Cette distinction s’appliquera aussi bien en magasin que sur Internet. Une étiquette uniforme indiquant la composition du matériau aidera les consommateurs à trier correctement les emballages.
En outre, dans les pays de l’UE où de tels systèmes n’existent pas encore, d’ici 2029 seront mis en place des systèmes de consigne et de reprise pour les bouteilles en plastique à usage unique et, par exemple, les canettes. Des exceptions sont prévues, notamment pour le vin.
À partir de 2030, certaines emballages plastiques à usage unique pour fruits et légumes non transformés seront interdits. Sont également interdits les sacs plastiques très fins, sauf s’ils sont nécessaires pour l’hygiène ou pour des aliments en vrac afin de limiter le gaspillage alimentaire.
Qu’en est-il pour la nourriture et les boissons à emporter ?
Les restaurants et les cafés seront obligés, dès février 2028 dans l’UE, de proposer aussi à emporter dans des emballages réutilisables — par exemple des gobelets ou boîtes réutilisables. Parallèlement, ces versions réutilisables ne devront pas être plus coûteuses que les emballages jetables. Des exceptions existent pour les petites entreprises. À partir du 12 février 2027, les restaurateurs devront également accepter les contenants apportés par les client·e·s.
En Allemagne, l’obligation d’offre de réutilisation existe déjà depuis 2023. « Beaucoup d’établissements ont adapté leurs processus et mis en place des systèmes réutilisables », déclarent l’Association allemande de l’hôtellerie et de la restauration (IHA) et la fédération Dehoga. Toutefois, l’UE va au-delà des règles allemandes en matière d’acceptation des contenants apportés par les clients.
Est-ce un grand coup ?
Le Naturschutzbund Deutschland (Nabu) accueille avec enthousiasme ce qu’il appelle un « passe historique » dans la législation sur l’emballage — malgré des faiblesses et des décisions encore à prendre.
« En Allemagne, peut-être que les quantités recyclées ne changeront pas énormément », estime l’organisation environnementale. « Mais tous les emballages devront être examinés d’ici 2030 pour leur recyclabilité, et, à partir de 2030, tout nouvel emballage plastique devra contenir du matériel recyclé — c’est une nouveauté pour l’Allemagne et cela devrait stimuler le secteur du recyclage qui est en difficulté. »
Que dit le commerce ?
Dans le secteur, on pointe surtout des obstacles pratiques. L’Association du commerce allemand (HDE) affirme soutenir globalement plus de recyclage. « Cependant, il existe encore une grande lacune entre le quota imposé d’utilisation de recyclat et le matériau disponible réellement : aujourd’hui, on ne sait pas encore comment les entreprises atteindront ces quotas si le recyclat de qualité alimentaire manque. »
La Fédération européenne BEVH plaide pour, lorsque cela est possible, éviter complètement l’emballage secondaire, car de nombreux produits sont déjà emballés de manière suffisamment robuste. La future limite maximale de 50 % d’espace vide dans l’emballage sera difficile à respecter pour des objets encombrants comme des ventilateurs.
Utopia meint: Verantwortung für Verpackungen landet dort, wo sie hingehört
L’Europe a longtemps hésité — voici maintenant une dynamique autour de la question des emballages. Les nouvelles règles ne sont pas parfaites, mais elles orientent un système qui, depuis des décennies, était conçu pour le jeter et non pour le réutiliser, dans la bonne direction.
Le progrès clé ne réside pas dans des interdictions isolées, mais dans ce qui est réglementé: non pas comment les emballages doivent être éliminés, mais comment ils doivent être conçus et fabriqués. L’aptitude au recyclage devient une obligation et n’est plus seulement un atout. Cela déplace la responsabilité vers l’endroit où elle appartient: l’industrie.
Autres sources: Règlement de l’UE
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