Le Brésil a empêché le retour du camp bolsonariste à la tête de l’État. La réélection de Lula offre aussi l’opportunité de poursuivre la protection de l’Amazonie: la déforestation est sous son gouvernement au plus bas niveau depuis le début des relevés en 1988.
Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de l’élection présidentielle brésilienne contre Flávio Bolsonaro, le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, gagné. Selon le Tribunal suprême électoral, le président en exercice a obtenu 51,8 pour cent des voix, son adversaire 48,2 pour cent. Lula s’assure ainsi un quatrième mandat.
Le résultat de l’élection revêt une grande importance pour l’Amazonie. Alors que Lula a renforcé la protection de la forêt tropicale depuis son retour à la présidence en 2023, son adversaire plaidait pour un assouplissement des normes de protection. Avec sa réélection, Lula peut donc poursuivre son cap actuel.
La déforestation a chuté d’environ 42 pour cent
Entre août 2025 et juillet 2026, l’Amazonie brésilienne a perdu 3 335 kilomètres carrés de couverture forestière. Cela représente près de 42 pour cent de moins que durant l’année de référence précédente, et c’est le chiffre le plus bas enregistré depuis le début des relevés en 1988. Les chiffres proviennent des données satellitaires de l’Institut brésilien de recherche spatiale (INPE).
Sous Lula, l’application des lois environnementales a été renforcée. Son gouvernement a étendu les programmes de protection, et a de nouveau procédé à la désignation de zones protégées ainsi que la reconnaissance des territoires indigènes.
Cette évolution a inversé la tendance observée sous son prédécesseur Jair Bolsonaro: durant son mandat de 2019 à 2022, la déforestation avait augmenté d’environ 60 pour cent selon les chiffres officiels. Lula vise explicitement à ramener la déforestation illégale à zéro d’ici 2030. Malgré la baisse, des milliers de kilomètres carrés de forêt continuent de disparaître chaque année.
Pourquoi l’Amazonie compte bien au-delà du Brésil
L’Amazonie stocke d’immenses quantités de carbone. Lorsque la forêt est détruite, ce carbone peut être libéré sous forme de CO2 dans l’atmosphère et accélérer le réchauffement climatique. Par ailleurs, les arbres influencent les précipitations par leur évapotranspiration, ce qui affecte les pluies dans d’autres régions d’Amérique du Sud. De ces phénomènes dépendent l’approvisionnement en eau et l’agriculture.
La déforestation, la chaleur et les sécheresses peuvent se renforcer mutuellement. Les chercheurs avertissent donc que des parties de la forêt tropicale pourraient évoluer vers des écosystèmes plus secs et dégradés. Moins de déboisements diminuent la pression sur la forêt. Toutefois, la menace liée au changement climatique demeure.
Des obstacles politiques persistent
Flávio Bolsonaro ne reconnaît pas sa défaite. Il fait référence à l’extension temporaire du délai de vote et demande l’annulation du résultat. Les autorités électorales ont toutefois affirmé que l’extension n’avait pas modifié l’issue.
Le sénateur avait annoncé pendant la campagne son intention de libérer son père Jair Bolsonaro, condamné pour une tentative de coup d’État. Il a aussi préconisé la destitution des juges de la Cour suprême.
Même au Parlement, le camp bolsonariste demeure influent: son Parti libéral (PL) sera, lors de la prochaine législature, la plus grande faction dans les deux chambres avec 121 des 513 députés et 28 des 81 sénateurs. Lula devra donc forger des alliances avec d’autres partis pour mener à bien ses projets.
Utopia.de pense: Une bonne nouvelle au-delà du Brésil
La victoire de Lula est une raison de se réjouir. Avec Flávio Bolsonaro échoue un candidat dont les propositions de gestion de la justice menaçaient l’indépendance des institutions démocratiques. Pour les habitants du Brésil, ce choix représentait bien plus qu’un simple changement de gouvernement.
Concernant l’Amazonie, on voit clairement l’impact que peuvent avoir des priorités politiques bien distinctes. La réduction de la déforestation constitue une avancée concrète. Cette réélection offre l’opportunité de construire sur ce progrès.
Cela protège aussi les moyens de subsistance: ceux des populations vivant dans la forêt, ceux des habitants dépendants de pluies régulières, et tous ceux dont l’avenir dépend d’un climat stable.
Lula doit continuer à rendre des comptes sur ses actes. Mais la perspective que le Brésil puisse maintenir cette trajectoire de protection est une bonne nouvelle qui concerne bien au-delà des frontières du pays.
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Sources utilisées : Spiegel, tagesschau.de, BR24, Süddeutsche Zeitung, t-online, FAZ
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