Des lunettes high-tech transforment le clignement des yeux en énergie électrique — mais leur véritable objectif est autre

1 novembre 2026

Un clignement des yeux devient pour ces lunettes une source d’énergie: le prototype GlassTENG a pour objectif de capter des signaux de santé sur le visage et d’utiliser ces signaux pour s’alimenter. Pour l’instant, le système dans son ensemble ne peut pas fonctionner sans batterie.

L’Université Northwestern, dans l’État de l’Illinois, a développé GlassTENG une lunette haute technologie capable de mesurer des signaux corporels tels que le clignement, le pouls et les mouvements de la mâchoire et de les employer aussi pour son propre apport énergétique. L’appareil a été présenté lors du International Symposium on Wearable Computers (ISWC), une conférence scientifique qui s’est déroulée du 10 au 15 octobre 2026.

Pour l’instant, il s’agit d’un prototype; à l’avenir, la technologie pourrait toutefois trouver des applications dans le domaine de la santé et, par exemple, aider à détecter et à observer le grincement des dents et les problèmes cardiovasculaires, selon les chercheurs.

Comment les lunettes fonctionnent

Le nom GlassTENG est une contraction des mots anglais « glasses » (lunettes) et TENG, qui signifie « triboélectriques nanogénérateurs », soit la technologie qui permet de transformer de minuscules mouvements mécaniques, comme un clignement, en énergie électrique.

En pratique, GlassTENG se présente comme une monture de lunettes équipée de trois capteurs. Clignement, levée des sourcils et mouvements de la mâchoire déforment les capteurs et lorsque les couches de matériau entrent en contact puis se séparent, des signaux électriques apparaissent. Ainsi, les lunettes peuvent enregistrer l’activité faciale et le pouls des porteurs.

Premiers résultats et prochaines étapes

Dans un essai impliquant 20 personnes, un modèle d’IA connecté à l’appareil devait être capable d’identifier six activités: clignement des yeux, levée des sourcils, grincement des dents, claquements des dents, manger et parler.

Les résultats ont été présentés dans une étude publiée le 10 octobre 2026 dans les « ISWC ’26: Proceedings of the 2026 ACM International Symposium on Wearable Computers », un supplément/magazine lié à l’ISWC.

Dans l’ensemble, le taux de réussite s’établissait à 93,8 %. Toutefois, les résultats n’étaient pas équivalents selon les mouvements: la parole n’a été détectée que dans 55 % des cas et 37 % des cas ont été classés comme « manger ».

Les chercheurs ont aussi vérifié s’il était possible de mesurer le pouls via les capteurs. Les mesures ont été réalisées sur des fenêtres de 30 secondes, avec les participants assis calmement. Chez dix volontaires, l’erreur moyenne d’estimation de la fréquence cardiaque était de 1,82 battements par minute par rapport à une ceinture thoracique. Les chercheurs qualifient cette mesure de « fiable pour la capture du pouls en position stationnaire », mais l’efficacité pour mesurer le pouls d’une personne en mouvement n’a pas été testée.

Pas encore possible sans batterie

Les capteurs transforment le clignement, le pouls et les mouvements de la mâchoire en signaux électriques. Pour cette conversion, ils ne nécessitent aucune alimentation externe. En revanche, pour constituer un système exploitable, il faut également une électronique d’évaluation et un microcontrôleur qui lisent et traiter les signaux des capteurs. Selon l’étude, il reste indéterminé si ces composants peuvent être alimentés en continu uniquement par l’énergie générée par les mouvements.

Sources utilisées : Northwestern University, étude

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.