Prêt pour des voitures électriques en masse : l’Allemagne en tête du classement international

14 septembre 2026

Les progrès en matière d’autonomie et de vitesse de recharge alimentent l’intérêt pour les voitures électriques en Allemagne. Une étude internationale montre désormais que la volonté d’acheter une voiture électrique y est de loin la plus élevée au monde.

Des prix du carburant élevés et une vision des coûts d’exploitation plus faibles poussent en Allemagne un nombre relativement important d’automobilistes à dire adieu au moteur à combustion. Selon une étude internationale réalisée par le service de cartographie Here et par SBD Automotive, 27 pour cent des propriétaires de véhicules à essence ou diesel en Allemagne envisagent un passage direct à une voiture entièrement électrique. Ainsi, l’Allemagne affiche, parmi tous les pays examinés, la plus forte propension mondiale à l’achat de voitures électriques.

Au-delà du coût du carburant, ce sont surtout les coûts d’exploitation plus faibles ainsi que les aides publiques et les incitations fiscales qui, pour de nombreux consommateurs, priment sur les considérations purement environnementales. Pour l’indice « Here-SBD EV Index 2026 », présenté à l’occasion de la Journée de la mobilité électrique, des données sur l’infrastructure de recharge ont été analysées et plus de 4 000 automobilistes dans huit marchés clés ont été interrogés. En plus de l’Allemagne, les États‑Unis, la France, l’Italie, l’Espagne, le Royaume‑Uni, l’Inde et l’Australie faisaient partie de l’enquête.

Prime d’aide à l’achat et avantages fiscaux

Que les avantages étatiques et fiscaux fassent partie des raisons d’achat les plus citées par 36 pour cent des répondants en Allemagne concorde avec les conditions actuelles d’aide. Pour les particuliers, le gouvernement fédéral a au début de l’année lancé un nouveau programme qui, via une aide de base et des majorations sociales et familiales, permet une subvention directe allant jusqu’à 6 000 euros pour l’acquisition d’un véhicule tout électrique.

À ce dispositif s’ajoutent des leviers fiscaux marquants en Allemagne: outre l’exonération complète de la taxe sur les véhicules pour les véhicules entièrement électriques, les entreprises bénéficient de déductions spéciales améliorées lors des mises en service de flottes. Pour les voitures de fonction, l’avantage privé d’utilisation des véhicules 100 % électriques est imposé mensuellement à seulement 0,25 pour cent du prix catalogue brut jusqu’à 100 000 euros – un avantage de coût qui, par rapport à un véhicule thermique équivalent, représente souvent plusieurs centaines d’euros par mois.

Grande réticence en Europe du Sud et aux États-Unis

Avec 27 pour cent de personnes envisageant le passage, l’Allemagne prend nettement la tête au niveau international. En deuxième place se retrouve le Royaume‑Uni avec 18 pour cent, tandis que la France se situe à 15 pour cent, légèrement en retrait. En moyenne, sur les cinq grands marchés européens — Allemagne, Royaume‑Uni, France, Italie et Espagne — 17 pour cent prévoient une transition directe vers un véhicule entièrement électrique.

La réticence est particulièrement marquée en Europe du Sud et en dehors du continent: en Espagne, la part est de 13 pour cent, en Italie et aux États‑Unis, seulement 11 pour cent des conducteurs utilisant l’essence envisagent d’acheter le prochain véhicule comme tout électrique. Aux États‑Unis, le moteur à combustion domine toujours avec 46 pour cent, tandis que des pays comme l’Espagne préfèrent surtout les hybrides comme étape intermédiaire.

Le développement du réseau de recharge renforce la confiance

Que l’enthousiasme allemand pour le basculement fasse preuve de force n’est pas seulement dû à des raisons économiques, mais aussi à une confiance croissante dans le réseau de recharge, notent les auteurs.

Dans le classement européen global de l’étude, l’Allemagne se situe certes derrière des pionniers comme la Norvège, les Pays‑Bas, la Belgique, le Danemark et le Luxembourg, et partage avec l’Autriche la sixième place. En termes de capacités absolues, en revanche, l’Allemagne est en tête. Avec plus de 210 000 bornes publiques et plus de 55 000 bornes de recharge rapide, l’Allemagne dispose du plus grand réseau de recharge rapide de tous les pays européens étudiés. L’ensemble de la puissance de charge publique installée y est en outre environ 48 pour cent plus élevé que celle de la deuxième place, la France.

Haute puissance de recharge, mais densité du réseau à rattraper

En examinant de plus près l’infrastructure de recharge, l’Allemagne présente une image partagée: par rapport aux leaders Norvège et Pays‑Bas, qui partagent la première place avec 72,5 points sur 100, la grande force de l’Allemagne réside dans la puissance totale installée de plus de 14,2 millions de kilowatts et dans un équilibre entre bornes standard et rapides, avec en moyenne près de 68 kilowatts par point de chargement.

Ici, l’Allemagne est nettement dépassée par les Pays‑Bas, dont le réseau est extrêmement dense mais composé presque exclusivement de stations en courant alternatif plus lentes, avec une moyenne d’environ 21 kilowatts par point. En revanche, la Norvège obtient, grâce à d’importants chargeurs DC rapides, un pic moyen proche de 108 kilowatts.

Les faiblesses de l’infrastructure de recharge en Allemagne se manifestent toutefois dans la densité régionale et le rapport avec le parc automobile: environ 0,34 point de recharge par kilomètre de voirie, ce qui place l’Allemagne bien loin des Pays‑Bas, qui affichent près de 1,6 station par kilomètre. De plus, en Allemagne, en moyenne, une borne publique dessert environ dix véhicules électriques; là où les Pays‑Bas affichent environ trois véhicules par borne. Toutefois, l’Allemagne reste meilleure que la Norvège, où l’importante flotte de véhicules électriques fait que, en moyenne, environ 34 véhicules partagent une seule borne publique.

Le relais est désormais entre les mains des constructeurs

Les analystes estiment donc que l’Allemagne est prête pour un passage de masse. Même si les prix d’achat, l’autonomie et la densité locale des points de recharge restent des obstacles sensibles pour le grand public, les inquiétudes relatives à l’infrastructure reculent nettement sur un an. Quant à savoir si l’intention d’achat élevée se transformera en immatriculations réelles dans les mois à venir, cela dépend désormais principalement de la capacité des constructeurs à proposer des modèles abordables et d’un processus de recharge fiable et simple au quotidien.

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Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.