Keep Android Open : La liberté numérique directement en jeu

7 septembre 2026

Google souhaite, à l’avenir, exercer un contrôle plus strict sur les applications que tu peux installer sur les appareils Android. L’initiative « Keep Android Open » s’y oppose.

Sur Android, il est actuellement possible d’installer des apps non seulement via le Google Play Store, mais aussi à partir d’autres sources. À l’avenir, cette liberté du système d’exploitation ouvert pourrait être restreinte, car Google prévoit de nouvelles directives pour l’installation de certaines applications. Les critiques redoutent que Google ne restreigne des libertés importantes du système Android ouvert.

Ces changements planifiés par Google

Actuellement, l’installation de nouvelles applications sur les appareils Android se fait de la manière suivante :

  1. Tu peux télécharger l’application via le Google Play Store.
  2. Une autre option consiste à télécharger directement depuis Internet ou d’autres sources externes.

La seconde méthode est appelée « Sideloading ». Et c’est précisément cela qui devrait être restreint à l’avenir :

  • Google veut à l’avenir s’assurer que les applications sur des appareils Android certifiés puissent être rattachées à un développeur vérifié.
  • Cela signifie que toute personne qui développe une application et souhaite la mettre à disposition au téléchargement doit s’enregistrer auprès de Google et confirmer son identité.
  • De plus, des frais seront dus à Google.
  • Selon Google, cela devrait rendre plus difficile pour les criminels de se cacher derrière des comptes anonymes et de diffuser des logiciels malveillants.

Les directives correspondantes entreront en vigueur à partir du 30 septembre 2026, d’abord au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. À partir de 2027, les changements seront applicables dans le monde entier.

Pourquoi ces changements posent-ils problème pour les utilisatrices et utilisateurs ?

Android est attractif pour de nombreux utilisateurs en raison de son système ouvert. Cela sera toutefois fortement limité par les changements prévus.

À première vue, tout cela peut sembler logique : si les développeurs doivent confirmer leur identité, les escrocs auront moins tendance à diffuser des logiciels nocifs.

L’initiative « Keep Android Open » critique toutefois les projets de Google :

  • Selon ces nouvelles règles, ce ne seraient plus les utilisatrices et utilisateurs qui décideraient des applications à installer. En fin de compte, Google serait celui qui déterminerait quelles applications sont dignes de confiance.
  • De plus, les nouveaux développeurs seraient confrontés à un choix : payer Google et accepter les conditions d’utilisation du groupe, ou ne pas pouvoir diffuser leur application.
  • Ces nouveautés remettent en cause la promesse d’un système ouvert, qui faisait la spécificité d’Android par rapport à ceux d’Apple pour de nombreux utilisateurs.

Les restrictions ne visent pas uniquement des applications douteuses : les développeurs amateurs et les plateformes indépendantes peuvent également être concernés.

Bien que Google propose un compte gratuit pour les étudiants et les développeurs amateurs, permettant de partager des applications sans pièce d’identité ni frais avec un petit groupe via une plateforme centrale, Keep Android Open déplore néanmoins que Google, en tant que plateforme centrale, acquière une influence déterminante sur le choix des applications par les utilisateurs.

Ce que cela signifie concrètement pour ta liberté numérique

Tu peux signer une pétition pour protester contre les changements prévus pour Android.

Si tu te contente de télécharger et d’installer des applications uniquement via le Google Play Store, ton expérience d’utilisateur évoluera peu. En revanche, des changements plus importants seront à attendre face aux boutiques d’applications alternatives, aux applications open source et aux petits projets privés. Par exemple, si quelqu’un développe une application gratuite et la met à disposition sur son propre site web, cette personne devra d’abord passer par l’inscription exigée par Google pour que l’installation soit possible sur tous les appareils Android.

Google prévoit aussi une échappatoire : les soi-disant « Power Users », c’est-à-dire les utilisateurs expérimentés, devraient pouvoir installer des applications provenant de développeurs non vérifiés. Via ce chemin, appelé « Advanced Flow », Google souhaite préserver l’ouverture d’Android tout en protégeant les utilisateurs moins expérimentés contre des applications potentiellement dangereuses.

D’après l’initiative « Keep Android Open », cette voie supplémentaire serait toutefois difficilement praticable, car elle serait très laborieuse et impliquerait notamment une attente de 24 heures avant l’installation de nouvelles applications. Une pétition—dont la signature soutiendrait la protestation contre la démarche de Google—est disponible sur Change.org.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.