Vote historique de l’ONU : renforce la protection du climat et engage les États

27 mai 2026

La Cour internationale de justice a établi que les États ont l’obligation de protéger l’environnement des émissions de gaz à effet de serre – et l’Assemblée générale des Nations Unies a désormais renforcé politiquement ce rapport. C’est une réussite pour les petits États insulaires qui, depuis des années, exigent des engagements internationaux contraignants.

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, le 21 mai, une résolution emblématique qui appelle les pays du monde à intensifier la protection du climat. Plusieurs médias ont rapporté ces évolutions de manière convergente, Die Zeit notamment. Le point de départ était un avis de la Cour internationale de justice (CIJ) datant de juillet 2025, initié par le petit État de Vanuatu.

Assemblée générale des Nations Unies : que signifie la résolution ?

L’Assemblée générale avait demandé à la CIJ, l’année dernière, de clarifier sur le plan du droit international les obligations des États en matière de protection du climat. L’avis publié en juillet 2025 s’est avéré clair : négliger les obligations de protection du climat est illégal. Les États qui contreviennent à ces obligations peuvent être tenus de verser des dommages et intérêts aux pays concernés.

Cependant, cet avis n’est pas juridiquement contraignant. Pour mieux l’ancrer politiquement, Vanuatu a présenté la résolution qui vient d’être adoptée. L’ambassadeur Odo Tevi a résumé l’idée centrale : « Les États et les peuples qui portent le fardeau le plus lourd sont souvent ceux qui ont le moins contribué au problème. » Vanuatu est menacé d’existence par la montée du niveau de la mer.

La résolution énonce, selon un message des Nations Unies, des obligations concrètes : les États doivent prendre toutes les mesures possibles pour éviter des dommages climatiques importants – y compris les émissions à l’intérieur de leurs propres frontières – respecter leurs engagements pris dans l’Accord de Paris et veiller à ce que les politiques climatiques protègent le droit à la vie, à la santé et à un niveau de vie décent.

Large soutien international, les États-Unis s’y opposent

141 pays ont voté en faveur de la résolution, 28 se sont abstenus – dont la Turquie, l’Inde et plusieurs États producteurs de pétrole. Huit pays ont rejeté la résolution : aux côtés des États-Unis se trouvaient la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran, Israël, le Yémen, le Libéria et la Biélorussie.

Washington compte parmi les plus grands émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre et est sorti une nouvelle fois de l’Accord de Paris au début de 2026 sous la présidence de Donald Trump. L’adjointe à l’ambassadeur américain Tammy Bruce a qualifié, selon Die Zeit, la résolution de « très problématique » et a critiqué « des demandes politiques inappropriées concernant les combustibles fossiles et d’autres questions climatiques ».

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a réagi en saluant : « Il s’agit d’une impressionnante reconnaissance du droit international, de la justice climatique, de la science et de la responsabilité des États de protéger les personnes face à la crise climatique qui se durcit. » Il a en outre souligné que les énergies renouvelables constituent déjà aujourd’hui la forme d’énergie la moins coûteuse et la plus sûre – et que l’objectif de 1,5 °C reste atteignable.

Non juridiquement contraignant – mais avec un effet de signal

Ni l’avis de la CIJ ni la résolution ne sont juridiquement contraignants. Selon les Nations Unies, les avis de la CIJ possèdent toutefois une autorité juridique et morale considérable et contribuent à faire évoluer le droit international.

Cette voix renforce ainsi la position de négociation des pays plus pauvres, qui pourraient à l’avenir engager de telles actions en justice. De plus, selon CBC, la résolution peut être citée dans des litiges liés au climat ailleurs dans le monde. Un registre international des dommages climatiques, initialement prévu pour faciliter ce processus, a été retiré du texte de la résolution au cours des négociations, rapporte Die Zeit.

Néanmoins, ce vote est considéré comme une étape majeure: il traduit l’avis de la CIJ en pression politique et renforce la position juridique des pays qui, à l’avenir, réclameront des dommages et intérêts auprès des grands émetteurs.

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Sources utilisées : Die Zeit, UN News, CBC

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.