- Une nouvelle revue identifie cinq façons, étayées par des preuves, de prévenir les calculs rénaux.
- Les personnes sujettes à la formation de calculs risquent des récidives, d’où l’importance de ces tactiques.
- Certaines sont aussi simples que des changements alimentaires, d’autres nécessitent une prescription.
Si vous n’avez jamais ressenti la douleur liée à des calculs rénaux, vous avez sans doute entendu dire à quel point ce n’est pas agréable. Sans parler du fait que les calculs constituent un facteur de risque pour une maladie rénale à long terme. Bonne nouvelle : il existe pas mal de recherches sur leur traitement et leur prévention, et des chercheurs ont analysé un grand ensemble d’études antérieures pour identifier une combinaison de facteurs qu’ils estiment prévenir les calculs rénaux.
Rencontrez les experts : le Dr Daniel Marchalik, M.D., F.A.C.S., urologue chez MedStar Health ; et le Dr Jason Fung, M.D., néphrologue et spécialiste de la prévention des maladies.
Il existe différents types de calculs rénaux, mais les plus courants sont les calculs de phosphate de calcium et d’oxalate de calcium, selon la National Kidney Foundation. Ce sont tous deux des masses solides qui se forment dans le rein lorsque les niveaux des minéraux calcium, oxalate ou phosphate dans l’urine sont élevés et qu’il n’y a pas assez d’urine ou d’autres éléments pour empêcher leur formation.
« Les calculs rénaux touchent environ une Américain sur dix, et l’incidence est en hausse depuis des décennies, » déclare le Dr Daniel Marchalik, M.D., F.A.C.S., urologue chez MedStar Health. « Ils sont nettement plus fréquents chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de calculs. Les calculs peuvent provoquer des douleurs intenses, mais plus important encore, ils peuvent entraîner une obstruction urinaire, ce qui peut causer des dommages durables, voire permanents au rein et augmenter le risque de septicémie s’ils ne sont pas rapidement traités. » La récurrence des calculs rénaux est courante, affirme le Dr Marchalik, ce qui souligne l’importance pour les personnes sujettes d’être vigilantes en matière de prévention.
Ci-dessous figurent les stratégies qui ont été prouvées efficaces, selon la revue récente publiée dans l’Annals of Internal Medicine. Avant d’essayer quoi que ce soit par vous-même, consultez votre médecin.
Comment prévenir les calculs rénaux, selon les dernières recherches
« Chaque intervention vise une étape différente du processus de formation des calculs », déclare le Dr Marchalik.
Hydratation
Les calculs se forment lorsque les minéraux dans l’urine deviennent suffisamment concentrés pour cristalliser, explique le Dr Marchalik. Boire plus d’eau permet de maintenir cette concentration sous le seuil nécessaire à la formation des calculs. La Kidney Foundation recommande de boire suffisamment pour produire environ 2,5 litres d’urine par jour (environ 85 onces). Cela équivaut à viser environ 100 onces de liquide par jour (12 à 13 tasses).
Régime pauvre en sodium, pauvre en protéines animales et riche en calcium
Les régimes riches en protéines peuvent augmenter l’acidité de l’urine et rendre les personnes plus sujettes aux calculs, explique le Dr Jason Fung, M.D., néphrologue et spécialiste de la prévention des maladies. Cependant, les résultats mettent l’accent sur la priorité donnée à la protéine animale, car elle « augmente l’acide urique et supprime le citrate dans l’urine, ce qui inhibe naturellement la formation de calculs », explique le Dr Marchalik.
Concernant le sodium, un excès entraîne les reins à éliminer davantage de calcium, qui constitue la principale matière première des calculs, précise le Dr Marchalik. Cela ne signifie pas pour autant que les patients doivent éviter tout calcium alimentaire. En réalité, une consommation moyenne à élevée de calcium est recommandée pour la prévention des calculs rénaux, ce qui peut sembler déroutant. « À rebours de l’intuition, restreindre le calcium alimentaire aggrave les choses, car s’il n’y a pas assez de calcium dans l’intestin pour lier l’oxalate, l’oxalate se retrouve dans le rein et favorise la formation de calculs », explique le Dr Marchalik.
En d’autres termes, selon la Kidney Foundation, le calcium alimentaire aide à réduire l’absorption d’oxalate provenant des aliments sains que vous consommez. La fondation recommande un apport quotidien de 1 000 à 1 200 milligrammes de calcium, ce qui peut correspondre à deux à trois portions de produits laitiers par jour lors des repas.
Thérapie alcaline
La thérapie alcaline orale, le plus souvent sous forme de comprimés de citrate de potassium, explique le Dr Marchalik, permet d’augmenter le pH urinaire et d’augmenter directement le citrate, rétablissant l’équilibre acide du corps. Ce traitement a montré 333 récidives en moins pour 1 000 patients dans quatre essais examinés par les scientifiques. Le traitement par le jus de citron a eu un effet plus modeste et a également montré une légère augmentation des événements indésirables.
Diurétiques
Les diurétiques thiazidiques — un médicament qui vous fait uriner — peuvent réduire la quantité de calcium que les reins rejettent dans l’urine en favorisant sa réabsorption par le rein, explique le Dr Marchalik. Dans la revue, ce traitement a montré environ 217 récurrences de calculs en moins pour 1 000 patients, sur trois essais.
Allopurinol
Ce médicament sur ordonnance réduit la production d’acide urique. Selon la revue, il y avait 265 récurrences en moins pour 1 000 patients dans deux essais, sans augmentation significative des effets indésirables.
La conclusion
Les informations fournies par cette revue « renforcent la gestion actuelle des calculs tout en mettant en évidence des mesures que vous pouvez adopter pour les prévenir », affirme le Dr Fung. Il est également utile de noter que les tactiques de prévention les plus claires et efficaces étaient celles qui ne nécessitent pas d’ordonnance — boire plus d’eau et réduire le sodium et les protéines animales, remarque le Dr Marchalik. « Cela importe pour savoir qui peut réellement agir sur cette information », conclut-il. Bien entendu, consultez votre médecin avant d’apporter des changements à votre routine.