Des chercheurs démontrent que boire cette dose de café peut réduire le stress et améliorer l’humeur

23 avril 2026

  • Une nouvelle étude examine la relation entre le nombre de tasses de café consommées par jour et le risque lié au stress et aux troubles de l’humeur.
  • Un certain nombre de tasses par jour était associé à un risque réduit.
  • Des experts donnent leur avis sur les résultats.

Des études ont montré que boire du café pourrait prolonger l’espérance de vie et potentiellement réduire le risque de fibrillation atriale. Désormais, des chercheurs affirment que la consommation d’une certaine quantité de café pourrait réellement diminuer le stress.

Tout dépend toutefois du juste milieu en ce qui concerne le nombre de tasses. Cette grande étude, publiée dans le Journal of Affective Disorders, a examiné l’apport en café auto‑rapporté et les dossiers médicaux ultérieurs de 460 000 personnes sur une période d’environ 13 ans. Au terme de cette période, les données ont montré que les personnes qui consommaient du café au quotidien — en particulier deux à trois tasses — présentaient un profil de risque plus faible de développer des troubles de l’humeur (c’est-à-dire une dépression majeure ou un trouble bipolaire) et des troubles liés au stress (anxiété et troubles d’adaptation) par rapport à celles qui ne buvaient pas de café du tout.

Rencontrez les experts : Kyra Bobinet, M.D., M.P.H., spécialiste de la santé comportementale ; et Alexander Leritz, R.D., diététicien diplômé chez JM Nutrition.

L’association entre le café et les troubles de la santé mentale suit une courbe en « J », ce qui signifie que le risque réduit apparaît à l’introduction du café et se maintient autour de deux à trois tasses par jour. Toutefois, à cinq tasses ou plus par jour, les bienfaits apparents s’estompent et, pour les troubles de l’humeur, le risque a tendance à augmenter, « ce qui correspond à ce qui est observé cliniquement lorsque la caféine devient excessive », explique Kyra Bobinet, M.D., M.P.H., spécialiste de la santé comportementale.

Les participants ont déclaré le type de café consommé — soluble, moulu ou décaféiné — et les bénéfices n’ont pas été détectés chez les buveurs de décaféiné. Les chercheurs ont également ajusté les données en fonction de l’âge, du sexe, de l’ethnie, du niveau d’éducation, du statut socioéconomique, du tabagisme, de l’alcool, de la consommation de thé, du sommeil, de l’activité physique, de l’indice de masse corporelle, de l’hypertension et du diabète de type 2 afin de réduire les effets de confusion. Ils ont aussi pris en compte la génétique et le métabolisme de la caféine chez les participants, ce qui, en fin de compte, ne semblerait pas influencer les résultats.

Bien entendu, comme les habitudes de consommation de café étaient auto‑rapportées et n’ont été collectées qu’une seule fois au départ, une marge d’erreur subsiste dans ces résultats, car les habitudes peuvent évoluer avec le temps, souligne le Dr Bobinet. Ils ne démontrent qu’une corrélation ou relation entre les deux variables — la consommation de café et les troubles de l’humeur/stress.

Comment le café pourrait-il réduire le stress ?

Pour faire simple, tout se joue sur l’inflammation — ou sur son absence. Le Dr Bobinet et Alexander Leritz, diététicien diplômé chez JM Nutrition, soulignent la teneur du café en antioxydants, qui pourrait lutter contre l’inflammation et, par conséquent, contre les maladies sous toutes les formes.

« Sur le plan mécaniste, le café est bien plus que de la caféine : il contient des centaines de composés bioactifs, dont des polyphénols et des acides chlorogéniques, qui présentent des effets antioxydants et anti‑inflammatoires et peuvent, indépendamment, soutenir la santé cérébrale au fil du temps », explique le Dr Bobinet. Le lien entre le café et une diminution du risque de troubles mentaux peut s’expliquer par ses effets sur des processus comme la fonction rénale, la fonction hépatique et le métabolisme des graisses. Ce sont des processus que les antioxydants du café pourraient aider à soutenir, note‑t‑elle.

Pour aller encore plus loin, « d’un point de vue neurobiologique, la caféine bloque principalement les récepteurs d’adénosine (A1 et A2A) dans le cerveau, ce qui stimule indirectement la signalisation de la dopamine », explique le Dr Bobinet. La dopamine est connue comme l’hormone du « bien-être », impliquée dans de nombreuses fonctions exécutives supérieures. « Cela peut améliorer brièvement la vigilance, la motivation et l’énergie perçue, perçues comme une amélioration de l’humeur et de la résilience au stress », conclut-elle.

Il convient de noter que ce domaine de recherche n’est pas nouveau, ajoute Leritz, et des études antérieures ont déjà suggéré un lien bien établi entre la caféine, l’inflammation et les troubles de l’humeur.

La conclusion

« Mon principal enseignement est que, pour la plupart des adultes d’âge moyen, une consommation modérée de café au quotidien — environ deux à trois tasses — est peu susceptible d’être nocive et peut même être associée à un risque à long terme plus faible de troubles cliniques de l’humeur et liés au stress », déclare le Dr Bobinet. « Mais cela ne constitue pas un feu vert pour traiter le stress ou la dépression avec du café. Il s’agit d’un facteur de mode de vie parmi bien d’autres, et cette étude ne prouve pas que le café lui-même est l’agent protecteur, mais plutôt que des comportements globalement plus sains ont tendance à s’agréger avec une consommation modérée de café. »

Leritz est d’accord. « Si vous aimez prendre une tasse ou deux de café le matin, il n’y a aucune raison de vous sentir coupable », ajoute-t-il. « En revanche, si vous êtes sensible aux effets de la caféine, il peut être utile de rester dans les limites de votre tolérance individuelle afin de ne pas perturber le sommeil ni aggraver une anxiété sous-jacente. » N’oubliez pas de consulter votre médecin avant d’augmenter votre apport en caféine, car cela peut influencer les médicaments et certaines conditions de santé.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.