Vélo électrique : pour qui le passage en vaut vraiment la peine

30 septembre 2026

Il existe de très nombreuses raisons valables d’utiliser un vélo électrique. Mais à partir de quel moment l’achat en vaut-il la peine – et est-ce toujours la solution la plus durable ? Nous avons enquêté pour déterminer quand un E‑Bike constitue réellement une alternative respectueuse de l’environnement.

Les E‑Bikes restent les vedettes du marché cycliste: selon les chiffres de l’Union de l’industrie deux-roues (ZIV), environ deux millions d’E‑Bikes ont été vendus en Allemagne en 2025 – soit plus du double qu’en 2018. Au total, on a vendu davantage d’E‑Bikes que de vélos sans moteur. Mais quand et pour qui un E‑Bike est-il vraiment rentable ?

Qu’est-ce qu’un E‑Bike exactement, et qu’est-ce qu’un Pedelec ?

Un E‑Bike au sens strict est un vélo qui peut rouler sans l’assistance au pédalage d’un seul bouton, même sans pédaler. Sa vitesse ne peut pas dépasser 6 km/h, sinon il est considéré comme un véhicule motorisé en Allemagne. Cette catégorie de vélos occupe pratiquement aucune place sur le marché allemand.

Un Pedelec est ce que nous appelons familièrement E‑Bike. Il s’agit d’un vélo électrique qui ne fournit une assistance que lorsque vous pédalez, et cela uniquement jusqu’à une vitesse maximale de 25 km/h.

Un S‑Pedelec est quant à lui un vélo électrique qui peut atteindre jusqu’à 45 km/h avec l’assistance au pédalage. Il est classé comme un quadricycle léger, ce qui signifie qu’il nécessite une immatriculation avec une plaque d’assurance, une assurance responsabilité civile et un permis de conduire de classe AM, c’est‑à‑dire pour un scooter. De plus, il faut porter un casque et jusqu’à présent, il est interdit de rouler sur les pistes cyclables – même si des régions comme la Rhénanie-du-Nord‑Westphalie ont décidé de laisser ce choix aux communes à l’avenir.

Quand un E‑Bike vaut-il le coup ? Ce n’est pas seulement une question de durabilité, c’est l’usage qui décide

Le désir d’acheter un E‑Bike est compréhensible dans de nombreux domaines : le vélo électrique est assisté par le moteur lors du trajet, ce qui rend le pédalage plus facile dans de nombreuses situations. Il étend généralement l’autonomie personnelle, rendent les trajets domicile-travail plus agréables et simplifie les achats plus lourds ou le transport d’enfants, notamment avec un vélo cargo ou une remorque.

E‑Bike vs. voiture

Cependant, un E‑Bike n’est pas toujours rentable. Le vélo électrique n’est pas intrinsèquement durable et respectueux de l’environnement – tout dépend de l’usage. Une étude de l’Institut de recherche sur l’énergie et l’environnement de Heidelberg (ifeu) a examiné sur près de trois années les effets en termes de déplacement et de climat liés à l’usage du Pedelec dans les déplacements individuels. L’étude portait donc sur les E‑Bikes au sens commun (vélos avec pédale et assistance motorisée).

Le principal effet positif a été constaté chez les néarques qui se rendaient au travail à vélo électrique. Une part importante de trajets évités en voiture personnelle a été observée, générant ainsi un énorme potentiel de réduction des émissions de CO2. Ainsi, les émissions de CO2 par kilomètre pour un E‑Bike se situaient en moyenne bien en dessous de 20 grammes, en incluant la fabrication de la batterie.

Le plus grand avantage climatique concerne le déplacement du véhicule particulier (Pkw) vers le Pedelec, selon l’étude : avec 150 grammes d’équivalent CO2 par kilomètre par personne (Pkw diesel moyen et véhicule électrique selon le mix électrique allemand au moment de l’étude) et 170 grammes (Pkw à essence moyen), l’impact climatique des voitures est jusqu’à 11 fois plus élevé que celui des Pedelecs.

Si l’on remplace donc les trajets en voiture par l’E‑Bike, cela en vaut la peine, car il est plus respectueux de l’environnement et durable. Un autre résultat de l’étude : les effets climatiques des trajets en E‑Bike restent également cinq fois plus faibles que ceux des trajets en transport public.

E‑Bike vs. Fahrrad

Si l’on compare les trajets en E‑Bike à ceux réalisés sur un vélo classique, les chiffres donnent une autre image. En effet, un E‑Bike consomme plus de ressources que un vélo sans moteur. Outre les matériaux du cadre, des composants, des roues et autres, le moteur et la batterie ajoutent leur empreinte à la facture.

Les émissions de fabrication totales d’un Pedelec se chiffrent, selon l’étude, à environ 35 % de plus que celles d’un vélo classique. À cela s’ajoute la consommation électrique nécessaire pour charger régulièrement la batterie de l’E‑Bike – pour une batterie de 500 Wh, environ 0,5 kWh par charge (ou 500 kWh sur 1000 cycles) – ainsi qu’un éventuel remplacement de la batterie lorsque la première atteint ses limites.

👉 Un E‑Bike est donc surtout durable lorsque vous remplacez des trajets en voiture, et il est même, en comparaison avec les transports publics, bien placé en termes d’avantage environnemental.

Quelles difficultés attendent les conducteurs de VAE au quotidien ?

Avant d’acheter avec enthousiasme un Pedelec, il convient d’analyser avec une approche critique son propre usage. Il faut aussi être conscient que ce n’est pas toujours possible ou agréable de rouler à vélo plutôt qu’en voiture ou en transports en commun. Même avec le VAE, on est soumis à la météo et à des conditions de circulation souvent difficiles pour les cyclistes, en particulier en ville. Ainsi, l’étude de Heidelberg a montré que les participants effectuaient 70 % de leurs déplacements avec le Pedelec entre avril et septembre; en hiver, ils utilisaient nettement moins le VAE. Des expériences similaires ont été rapportées par notre ancienne collègue lors d’un test personnel :

Et aussi, côté équipements favorisant le vélo en entreprise, il y a souvent des marges de progression. On trouve rarement des espaces de stationnement confortables et surtout sûrs pour les vélos ou les E‑Bikes. Les douches sur le lieu de travail constituent également un critère important pour de nombreux salariés souhaitant se rendre au travail à vélo ou en E‑Bike.

Les initiatives de vélos de service comme Jobrad et autres s’intensifient toutefois, ce qui permet aux employés de louer des vélos et E‑Bikes de qualité à des conditions avantageuses.

Un E‑Bike est-il durable pour moi et mes usages ?

Si votre achat d’E‑Bike est essentiellement motivé par des arguments de durabilité, réfléchissez à quels trajets en voiture vous permettraient d’économiser avec lui. Des facteurs comme une distance quotidienne vallonnée ou longue plaident en faveur du VAE. Pour des trajets courts et plats, un vélo sans moteur peut être plus pertinent pour les personnes sans handicaps.

Si votre verdict est positif pour l’E‑Bike, adressez-vous à un spécialiste du vélo pour des conseils. Car pour chaque usage, chaque personne et chaque budget, l’offre est vaste. Pour les VAE particulièrement bon marché, il faut cependant être vigilant. Sont importants notamment la qualité de la batterie, du moteur, des freins, de la fourche et du cadre, ainsi que la disponibilité des pièces détachées et les possibilités de réparation. Un VAE durable et bien réparable peut, d’un point de vue écologique, s’avérer être le meilleur choix.

Un commerçant sérieux t’aidera à sélectionner un E‑Bike qui correspond aussi fidèlement que possible à tes besoins et à tes exigences. Si tu fais des trajets principalement courts sur l’asphalte sans grandes côtes, tu n’as pas besoin du meilleur accu et du moteur le plus puissant. En revanche, pour de longs parcours, un grand accu peut être utile. Avant l’achat, pense aussi à ces points :

Mieux vaut un E‑Bike d’occasion qu’un neuf ?

Le marché de l’occasion pour les E‑Bikes s’élargit également et, dans ce cas, nous recommandons aussi de se tourner vers un détaillant afin d’obtenir de bons conseils et davantage de sécurité lors de l’achat. Il est clair qu’un E‑Bike d’occasion en bon état est plus durable qu’un neuf et bénéficie souvent d’un meilleur retour sur investissement financier plus rapidement. Par ailleurs, il existe de plus en plus de boutiques en ligne qui proposent des vélos « refurbished » d’occasion avec garantie livrés chez toi – par exemple Rebike, Upway ou Velio. Une vue d’ensemble des boutiques et des conseils importants se trouve dans notre article :

Conclusion : Quand et pour qui un E‑Bike vaut vraiment le coup

Un E‑Bike peut être durable et utile – surtout lorsqu’il remplace des trajets en voiture et facilite ou permet le transport d’enfants et/ou de charges lourdes. Il peut aussi être durable pendant les loisirs, par exemple lorsque l’on se rend à une destination de sortie en E‑Bike plutôt qu’en voiture.

De plus, il élargit le rayon d’action des personnes en situation de handicap, par exemple celles souffrant de maladies cardiaques, et peut même leur permettre de redécouvrir leur environnement à vélo. Si vous vivez dans une zone vallonnée, de nombreuses trajets deviennent possibles avec le Pedelec que vous n’auriez peut-être pas réalisés avec un vélo classique. Dans ce cas, l’E‑Bike peut rapidement valoir le coup.

De plus, le vélo électrique contribue effectivement à la condition physique – surtout chez les personnes souffrant de pathologies cardiaques, de surcharge pondérale ou de faible niveau de forme physique –, comme le démontre une étude de la Medizinische Hochschule Hannover: « Contrairement à beaucoup d’idées reçues, les chiffres montrent que les muscles et le système cardio-vasculaire sont presque aussi sollicités par le pédalage assisté que par le vélo classique », explique le Dr Hedwig Theda Boeck, chercheure à la clinique et co‑auteur de l’étude.

👉 En résumé, et avec une pointe d’ironie, considérer le VAE comme un simple article de luxe qui reste dans le garage et ne sert qu’à aller jusqu’à la pâtisserie locale n’est pas durable ni utile. Pour des trajets rares, courts ou plats, sans transport supplémentaire lourd, le vélo sans moteur peut être le choix le plus judicieux. Mais dans de nombreux autres domaines d’utilisation, le VAE peut s’avérer rentable – surtout s’il permet de remplacer des trajets en voiture ou en transports publics.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.