Quel IMC viser après 70 ans pour éviter la dénutrition ?

6 octobre 2026

Quel IMC viser après 70 ans pour éviter la dénutrition ?

L’indice de masse corporelle est l’un des repères les plus utilisés pour évaluer la corpulence. Pourtant, chez la personne âgée, ses valeurs ne s’interprètent pas de la même façon que chez un adulte plus jeune. Après 70 ans, un IMC considéré comme « normal » peut déjà signaler un risque de dénutrition. Explications et repères pour mieux le surveiller.

L’IMC, un repère simple à interpréter différemment avec l’âge

L’IMC se calcule en divisant le poids (en kilos) par la taille (en mètres) élevée au carré. Une personne de 1,65 m pesant 60 kg obtient ainsi un IMC d’environ 22. Il est possible d’obtenir cette valeur en quelques secondes grâce à ce calculateur d’IMC, qui permet aussi de situer le résultat dans les catégories de référence.

Chez l’adulte, l’Organisation mondiale de la santé considère qu’un IMC compris entre 18,5 et 24,9 correspond à une corpulence normale. Au-dessous, on parle de maigreur, au-dessus de surpoids puis d’obésité. Ces seuils, valables pour la population générale, ne sont cependant pas adaptés aux personnes âgées, chez qui le vieillissement modifie la composition du corps.

Pourquoi les seuils changent après 70 ans

Avec l’âge, la masse musculaire diminue progressivement, un phénomène appelé sarcopénie. À poids égal, une personne âgée possède donc souvent moins de muscle et davantage de masse grasse qu’un adulte jeune. Son IMC peut sembler correct alors que ses réserves musculaires sont déjà réduites.

C’est pourquoi la Haute Autorité de santé a fixé des repères spécifiques pour les personnes de 70 ans et plus :

  • un IMC inférieur à 22 constitue l’un des critères de diagnostic de la dénutrition ;
  • un IMC inférieur à 20 correspond à une dénutrition sévère.

Chez les seniors, un IMC légèrement plus élevé, entre 22 et 27 environ, est souvent associé à une meilleure résistance face aux maladies, aux chutes et aux hospitalisations. Un léger surpoids n’a donc pas la même signification qu’à 40 ans.

Les autres signes à surveiller

L’IMC ne suffit pas à lui seul. D’autres indicateurs permettent de repérer une fragilité nutritionnelle :

  • Une perte de poids involontaire : une baisse de 5 % en un mois ou de 10 % en six mois doit alerter.
  • Une diminution de l’appétit ou des repas régulièrement sautés.
  • Une fatigue inhabituelle et une baisse de l’énergie au quotidien.
  • Une perte de force, visible par exemple dans la difficulté à se lever d’une chaise ou à porter des objets.
  • Des vêtements devenus trop grands ou une alliance qui glisse.

Une pesée régulière, idéalement une fois par mois dans les mêmes conditions, reste le moyen le plus simple de détecter une évolution.

Prévenir la dénutrition au quotidien

Quelques habitudes aident à préserver le poids et la masse musculaire des seniors :

  • Consommer des protéines à chaque repas : viande, poisson, œufs, produits laitiers ou légumineuses.
  • Enrichir les plats avec du fromage râpé, de la poudre de lait ou un œuf supplémentaire lorsque l’appétit diminue.
  • Fractionner les repas en ajoutant une collation dans l’après-midi.
  • Maintenir une activité physique adaptée, comme la marche ou des exercices doux de renforcement, pour stimuler les muscles.
  • Préserver la convivialité des repas, car manger seul favorise souvent la perte d’appétit.

En cas de perte de poids ou de doute, l’avis du médecin traitant ou d’un diététicien permet de mettre en place un suivi adapté.

Un indicateur utile à condition de bien le lire

L’IMC reste un outil pratique pour suivre l’état nutritionnel d’une personne âgée, à condition d’utiliser les bons repères. Après 70 ans, mieux vaut viser une valeur supérieure à 22 et surveiller l’évolution du poids dans le temps plutôt qu’un chiffre isolé. Associé à l’observation de l’appétit, de la force et de l’énergie, il aide à repérer tôt une dénutrition et à agir avant qu’elle ne s’installe.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.