Crainte de mal faire ? Pourquoi il faut toujours aider en cas d’urgence

8 septembre 2026

Quiconque n’aide pas en cas d’urgence risque plus qu’un simple remords. En effet, cela peut être passible de poursuites pénales. Quand intervient l’obligation d’agir – et que faire si l’on se sent incertain ?

Une brève négligence, il y a un fracas, une personne reste immobile au sol. Soudain, vous vous trouvez en tant que passant face à de nombreuses questions: Dois-je aider maintenant ? Et si je fais quelque chose de mal ? Et: suis-je passible de poursuites si je continue simplement mon chemin ?

L’aide apportée dans une telle situation n’est clairement pas seulement une question de morale, mais aussi de droit. Celui ou celle qui n’aide pas autrui en détresse, alors que cela serait possible et raisonnable, peut s’exposer à des poursuites. Le Code pénal décrit cela comme une aide par omission. Mais que faut-il exactement faire – et où se situent les limites de son devoir ? Voici les questions et réponses les plus importantes.

Dans quelles situations dois-je venir en aide aux autres ?

Le Code pénal parle d’accidents, de situations générales de danger ou d’urgence où l’aide est nécessaire. L’avocat Christian Rode, qui est aussi membre du groupe de travail droit pénal de l’Association des avocats allemands, cadre cela ainsi : « Un cas d’accident est un événement soudain qui comporte un danger important pour un bien juridique individuel » – par exemple, un accident.

Que le bien juridique en danger soit la vie, la santé, la propriété ou la liberté d’autrui, peu importe. Selon Rode, on n’est pas obligé d’aider uniquement si une personne a délibérément et librement provoqué le danger.

Une danger général signifie une situation de danger pour un nombre indéterminé de personnes et de choses de valeur significative. Même ici les témoins sont obligés d’apporter leur aide. Il en va de même pour l’urgence générale – c’est-à-dire une situation d’urgence qui concerne l’ensemble de la population, par exemple en cas de catastrophe naturelle, d’incendie, de panne d’eau ou d’électricité ainsi que d’épidémies.

Selon Rode, la norme pénale vise à assurer un minimum de devoirs de solidarité.

Dois-je m’exposer moi-même à un danger en aidant ?

Évidemment non. Personne ne doit mettre en danger sa propre santé pour aider; l’aide doit toujours rester raisonnable.

Quand une aide par omission se produit-elle concrètement ?

« Une aide par omission se produit lorsque quelqu’un n’agit délibérément pas, ne fait tout simplement rien, alors qu’il le pourrait », déclare Leonora Holling, avocate et trésorière de l’Assemblée fédérale des avocats. En clair, il s’agit d’un non-agir conscient dans une situation de danger ou d’urgence.

« C’est le cas, par exemple, lorsque l’on passe simplement devant une personne inconsciente ou que l’on détourne le regard sans entreprendre aucune action », précise Holling. Il en va de même dans un accident de la circulation où l’on passe sans intervenir ou lorsque l’on ignore une urgence évidente.

Une aide supplémentaire n’est toutefois pas exigée si l’on peut clairement voir que les secours sont déjà sur place ou que d’autres personnes aident déjà de manière suffisante.

Que se passe-t-il si moi-même je ne sais pas comment aider ?

Les témoins doivent uniquement intervenir dans le cadre de leurs capacités et possibilités. « Un médecin doit aider différemment qu’un amateur en médecine », dit Christian Rode. « Celui qui ne sait pas comment effectuer une trachéotomie n’en doit pas être capable de le faire ». Celui qui se sent capable de prodiguer les premiers secours peut toutefois le faire.

De même, un alpiniste peut apporter une autre aide en montagne qu’un randonneur sans expérience. Et une personne ne sachant pas nager peut peut-être ne pas sauver une personne en train de se noyer, alors qu’un nageur doit tenter d’intervenir.

En cas de doute, les passant·e·s devraient au moins composer le numéro d’urgence s’il n’y a pas encore de secours en vue. Selon Holling, cela constitue déjà une aide. De plus, une scène d’accident peut être sécurisée par des feux bleus d’alerte ou un triangle de signalisation. Les aides peuvent également essayer de parler aux personnes touchées, les rassurer et appeler d’autres passant·e·s. Ainsi, le type d’aide peut être très varié.

Quelle peine m’attend en cas d’inaction ?

La loi prévoit, en cas de condamnation, une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an ou une amende. À savoir : la sanction touche non seulement ceux qui n’aident pas, mais aussi ceux qui entravent les secours ou d’autres aidants au travail. C’est ce que rappelle Leonora Holling.

Vous souhaitez apprendre les premiers secours ?

De nombreuses organisations proposent des cours en présentiel permettant aux personnes non professionnelles d’apprendre les bases des premiers secours. Vous pouvez les trouver en effectuant une courte recherche en ligne; parmi les prestataires figurent notamment la Croix-Rouge allemande (DRK), les Malades et les Johanniter. Pour des cas spéciaux – par exemple les premiers secours pour enfants – il existe également des offres. Des services numériques peuvent aussi vous aider à rafraîchir vos connaissances. Le DRK propose divers guides et vidéos sur le comportement en situations d’urgence, et l’application Malteser gratuite résume les connaissances et vise à aider en cas d’urgence.

Aider: puis-je être puni si je commets des erreurs ?

« En règle générale, il n’est pas prévu de peine ou d’obligation d’indemnisation lorsque l’on veut aider et que l’on commet une erreur », déclare Leonora Holling. « Seulement dans les rares cas, notamment si une personne qui aide agit de manière gravement intentionnelle ou par négligence, cela peut arriver – par exemple si elle n’a même pas envisagé les mesures les plus simples. »

Selon Holling, cela reste extrêmement rare. « Le droit allemand protège largement les premiers secours, afin que personne n’hésite à aider en cas d’urgence de peur de commettre des erreurs possibles ». Selon Christian Rode, un tribunal prendra aussi en compte le stress et le manque de clarté dans la situation d’intervention concrète lors de l’évaluation du comportement. Par conséquent : aider de manière imparfaite vaut mieux que de ne pas aider du tout.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.