Ce que les médecins veulent que vous sachiez sur Cicada, la dernière variante du COVID-19

25 avril 2026

· La variante BA.3.2 du COVID attire beaucoup d’attention.

· Surnommée « cigale », elle refait surface après être restée en arrière-plan.

· Cette variante comporte un nombre impressionnant de mutations.

Cela fait quelques mois que l’on parle peu du COVID-19, et ce pour de bonnes raisons: les données des tests des eaux usées gouvernementales laissent penser que le nombre de cas dans tout le pays est faible pour l’instant. Mais la dernière variante du COVID-19, BA.3.2, surnommée « cigale », fait parler d’elle.

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont signalé cette variante dans leur Morbidity and Mortality Report (MMWR). BA.3.2 pourrait échapper à la protection offerte après une infection précédente ou la vaccination, ce qui en fait une variante suivie de près par la communauté des maladies infectieuses.

Rencontrez les experts: Amesh A. Adalja, M.D., est chercheur principal au Johns Hopkins Center for Health Security; Thomas Russo, M.D., est professeur et chef du service des maladies infectieuses à l’Université de Buffalo, New York

« Je suis ces développements de près », déclare Thomas Russo, M.D., professeur et chef du service des maladies infectieuses à l’Université de Buffalo, New York.

Alors, qu’est-ce que la variante cigale et pourquoi attire-t-elle autant l’attention en ce moment ? Voici ce que les données — et les médecins spécialistes des maladies infectieuses — suggèrent.

Quelle est la variante COVID cigale ?

La variante cigale dérive d’Omicron, une souche extrêmement contagieuse du virus apparue pour la première fois en 2021. « C’est une autre variante d’Omicron qui a évolué avec plusieurs mutations qui rendent plus difficile pour le système immunitaire de neutraliser complètement le virus », explique Amesh A. Adalja, M.D., chercheur senior au Johns Hopkins Center for Health Security.

Le nom « cigale » fait référence à son histoire. « Il s’agit d’un descendant d’une ancienne souche d’Omicron BA.3 qui a été quasi dormante pendant un certain temps, puis a acquis ces mutations et est revenu sous la forme BA.3.2 », déclare le Dr Adalja.

La cigale « a été décrite il y a quelques années, a été présente en sourdine dans d’autres pays, et revient maintenant », affirme le Dr Russo.

Où la variante COVID cigale a-t-elle été détectée ?

La variante cigale a été détectée dans 23 pays depuis 2024 et a été repérée pour la première fois aux États-Unis en janvier 2025. Depuis, elle a été signalée dans ces 24 États, selon le CDC :

  • Californie
  • Connecticut
  • Floride
  • Hawaï
  • Idaho
  • Louisiane
  • Maine
  • Maryland
  • Massachusetts
  • Michigan
  • Missouri
  • Nevada
  • New Hampshire
  • New Jersey
  • New York
  • Ohio
  • Pennsylvanie
  • Rhode Island
  • Caroline du Sud
  • Texas
  • Utah
  • Vermont
  • Virginie
  • Wyoming

Symptômes de la variante COVID cigale

La variante cigale ne semble pas provoquer des symptômes différents de ceux des variants précédents du COVID, selon le Dr Adalja. Selon le CDC, ces symptômes comprennent :

· Fièvre ou frissons

· Toux

· Essoufflement ou difficulté à respirer

· Mal de gorge

· Congestion ou nez bouché

· Perte récente du goût ou de l’odorat

· Fatigue

· Douleurs musculaires ou corporelles

· Maux de tête

· Nausées ou vomissements

La variante cigale provoque-t-elle une maladie plus grave ?

Pour l’instant, ce n’est pas clair. La cigale présente 70 à 75 substitutions dans sa protéine Spike, qui sert au virus à se fixer sur les cellules humaines et à les infecter. « C’est beaucoup », souligne le Dr Russo. « L’inquiétude est qu’elle devienne davantage capable d’échapper à l’immunité ». Autrement dit, l’immunité accumulée au fil du temps pourrait être moins protectrice face à ce variant.

« L’immunité s’amenuise avec le temps, moins de personnes se font vacciner, et l’immunité antérieure développée ne sera pas nécessairement parfaitement protectrice contre un tel variant », explique le Dr Adalja.

Cela ne signifie pas nécessairement que la maladie sera plus grave, toutefois : cela signifie surtout que les gens pourraient être plus susceptibles d’être infectés, prévient le Dr Russo. Une observation à noter, selon le Dr Adalja : « Certaines mutations diminuent néanmoins l’aptitude du virus à se lier aux cellules humaines ». Cela pourrait rendre le virus moins infectieux dans une certaine mesure. Mais toutes ces modifications de la protéine Spike pourraient compenser ce effet.

Le vaccin protège-t-il contre la variante cigale ?

Les vaccins COVID-19 les plus récents reposent sur d’autres variantes d’Omicron, même s’ils ne correspondent pas exactement à la cigale.

« Le vaccin actuel est probablement capable de protéger contre ce qui compte le plus: les formes graves », affirme le Dr Adalja. « La capacité à prévenir l’infection pourrait être limitée. » Le Dr Russo partage cet avis. « Le meilleur moyen de se protéger est la vaccination, mais nos vaccins actuels restent imparfaits », dit-il.

Dans quelle mesure devriez-vous vous inquiéter de la variante cigale ?

Pour le moment, il n’y a pas énormément de cas attribués à la cigale aux États‑Unis. (La variante XFG demeure la dominante, selon les données de surveillance du CDC.)

« Le souci, c’est que cela pourrait entraîner une augmentation du nombre de cas », affirme le Dr Russo. « Avec l’apparition de cette variante, on craint qu’elle ne fasse remonter les chiffres à nouveau. »

Mais le Dr Adalja estime qu’il ne faut pas paniquer face à la variante cigale. « Il n’y a pas de raison majeure de s’inquiéter pour l’instant », dit-il. « Il y aura toujours des variants qui montent et descendent. »

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.