Collègues difficiles : 5 raisons sincères de ton stress et des solutions

5 octobre 2026

Des collègues difficiles peuvent rendre une journée de travail qui serait par ailleurs agréable nettement plus lourde. Voici cinq raisons possibles pour lesquelles tu trouves certaines personnes particulièrement épuisantes, et des conseils sur ce que tu peux faire.

Certains collègues rendent le quotidien au travail inutilement difficile: ils critiquent constamment, réagissent avec irritabilité, retiennent des informations ou créent une mauvaise ambiance par des commentaires passifs-agressifs. Si cela te stresse régulièrement, ce n’est pas nécessairement uniquement une question de toi – mais ce n’est pas non plus toujours seulement la faute de l’autre.

Car derrière les conflits au travail peuvent se cacher des causes variées. Parfois, un.e collègue agit réellement de manière compliquée. Parfois, des attentes différentes se heurtent. Et parfois, la pression du temps, la surcharge de travail ou des responsabilités mal définies aggravent un conflit.

La psychanalyste et médiatrice Melanie Berger évoque cinq mécanismes qui peuvent intervenir: l’effet miroir, ce qu’on appelle l’Amygdala Hijacking, les distorsions cognitives, le besoin d’appartenance et la protection de l’estime de soi. 

Tous ces termes ne sont pas nécessairement tous soutenus par la même rigueur scientifique. L’idée fondamentale, toutefois, est pertinente: des situations sociales difficiles peuvent déclencher des réactions émotionnelles et mentales automatiques – et celles-ci influencent à leur tour notre comportement.

1. L’effet miroir: la mauvaise ambiance est contagieuse

Un collègue entre au bureau de mauvaise humeur, répond brièvement et referme la porte d’un coup. Peu après, tu es toi-même plus irrité qu’auparavant.

Ce n’est pas un phénomène rare. Les gens réagissent aux émotions des autres et peuvent adopter les humeurs dans des situations sociales. En recherche, cela est notamment décrit comme de la contagion émotionnelle.

Lorsque tu remarques que l’humeur d’une autre personne se répercute sur toi, commence par prendre un peu de distance. Demande-toi: « Suis-je vraiment irrité par cette situation – ou ai-je adopté l’humeur de mon interlocuteur ? » Cette illette pause peut t’aider à ne pas basculer automatiquement dans la même humeur.

Cela ne signifie pas que tu dois tolérer un comportement désagréable. Tu peux poser une limite, sans faire de l’émotion de l’autre ta propre émotion.

2. L’Amygdala Hijacking: lorsque la critique paraît subitement comme une attaque

Du kannst lernen, Kritik nicht mehr so persönlich zu nehmen.

Une collègue critique ton travail devant l’ensemble de l’équipe. Avant même que tu puisses réfléchir, tu deviens furieux ou tu sens le besoin de te défendre immédiatement.

Melanie Berger décrit cela comme un « Amygdala Hijacking ». Cette notion décrit, de manière simplifiée, l’idée qu’une réaction émotionnelle intense peut entraver notre action réfléchie à court terme. Scientifiquement, le cerveau n’est cependant pas aussi strictement divisé entre une partie « émotionnelle » et une partie « rationnelle ».

L’amygdale participe au traitement des signaux de menace. Parallèlement, des régions du cortex préfrontal interviennent dans la régulation des émotions. Des études montrent que ces systèmes sont interconnectés et s’influencent mutuellement.

Surtout en cas de critique ou d’attaques personnelles, il peut être utile de ne pas répondre tout de suite.

Quelques secondes de pause, un verre d’eau ou une courte sortie peuvent aider à éviter de répondre directement sur le coup. Tu peux par exemple dire: « Je veux y répondre, mais pas sur le coup. Discutons-en après la réunion. »

3. Biais cognitifs: ton cerveau complète le reste

Alle Menschen fallen kognitiven Verzerrungen zum O

Un collègue ne te salue pas le matin et tu en déduis automatiquement qu’il est faché contre toi. En réalité, tu ne le sais pas.

Raison: notre pensée recourt souvent à des raccourcis. En cas d’informations incomplètes, des distorsions systématiques peuvent apparaître. Parmi elles, le biais de confirmation, qui tend à privilégier les informations qui confirment nos hypothèses existantes, ou le biais de négativité, qui accorde une attention particulière aux informations négatives.

Avec des collègues difficiles, cela peut vite former un motif: si tu as classé une personne comme hostile, ses remarques hostiles attireront particulièrement ton attention. Dans des situations neutres ou amicales, tu les manqueras davantage.

Également le heuristiques de l’attribution fondamentale peut jouer un rôle: nous attribuons le comportement des autres à leur personnalité, alors que nous prenons moins en compte les causes situationnelles – alors que c’est le contraire pour nous-mêmes.

Essaie de dissocier observation et interprétation. Par exemple: « Elle n’a pas répondu à ma question aujourd’hui » est l’observation, et ton interprétation pourrait être: « Elle m’ignore délibérément. » Cela ne signifie pas que l’interprétation soit nécessairement fausse. Mais avant de réagir, il peut être utile de te demander: « Quelles autres explications pourraient exister ? »

Cela n’empêche pas tout conflit. Cela peut toutefois éviter qu’une seule situation désagréable ne se transforme en une histoire entière sur la personne concernée.

4. Le besoin d’appartenance: pourquoi le rejet est particulièrement lourd

Angst vor sozialer Ausgrenzung sollte niemanden im Job von konstruktiver Kritik abhalten.

Les lieux de travail sont des lieux sociaux. Ce n’est pas seulement une question de tâches et de salaire, mais aussi de collaboration, de reconnaissance et d’appartenance à un groupe.

Il peut donc être particulièrement éprouvant d’être exclu.e, ignoré.e ou visiblement rejeté.e par des collègues. La recherche sur l’ostracisme au travail, c’est-à-dire l’exclusion sociale au travail, montre des liens avec différentes conséquences négatives sur le bien-être et le comportement au travail. Une méta-analyse réalisée sur 95 échantillons indépendants et plus de 25 000 personnes a notamment mis en évidence des liens avec un sentiment d’appartenance plus faible, une moindre satisfaction au travail et une fatigue émotionnelle.

Par exemple, si tu souhaites contredire une collègue mais que tu crains d’être mal vu.e par l’équipe, il peut être utile de dissocier délibérément ces deux choses: « Je veux continuer à bien collaborer avec l’équipe. Néanmoins, je ne suis pas d’accord sur ce point. »

Une collaboration professionnelle ne signifie pas nécessairement être toujours d’accord. Si toutefois tu es véritablement systématiquement exclu.e, il ne faut pas le prendre comme une simple sensibilité personnelle. L’exclusion répétée peut constituer une charge psychosociale pertinente au travail.

5. La protection de l’estime de soi: pourquoi la critique frappe parfois plus fort que prévu

Auch gut gemeinte Kritik kann deinen Selbstwert angreifen.

Une collègue attire l’attention sur une erreur dans ta présentation. Sur le fond, l’indication peut être pertinente, mais tu te sens immédiatement attaqué.e.

Cela peut aussi relever de la protection de l’estime de soi. Une critique sur une performance précise peut vite être vécue comme une évaluation de soi – notamment lorsque la performance professionnelle représente une part importante de l’image que l’on a de soi.

La recherche sur les menaces à l’estime de soi montre que les personnes réagissent différemment face à des informations qui remettent en question leur image positive d’elles-mêmes. Parmi elles notamment des réponses défensives.

Conclusion: Ces questions que tu devrais te poser

Il n’est pas nécessaire d’analyser chaque conflit sur le plan psychologique. Quelques questions simples peuvent toutefois aider à mieux situer la situation :

  • Que s’est-il réellement passé ?
  • Qu’est-ce qui relève de ma propre interprétation ?
  • Quelle émotion ce comportement me provoque ?
  • Quelle limite est potentiellement franchie ?
  • Quel rôle jouent la pression temporelle, la charge de travail ou l’absence de définition claire des responsabilités ?
  • Dois-je résoudre le problème moi-même – ou faut-il demander du soutien ?

Pour une dispute ponctuelle, un peu de distance peut suffire. En cas de comportement irrespectueux répété, un entretien de clarification peut être utile. Si un conflit s’installe durablement ou se transforme en harcèlement au travail, en intimidation ou en menaces, il faut solliciter le soutien d’un responsable, du comité d’entreprise ou d’une autre instance compétente.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.