Varices : comprendre pourquoi une veine malade peut être fermée

23 septembre 2026

Varices : comprendre pourquoi une veine malade peut être fermée

Fermer une veine variqueuse vise à interrompre un reflux, plutôt qu’à retirer systématiquement le vaisseau. Le bilan vérifie d’abord la circulation et identifie la cible. Différentes techniques peuvent obtenir cette fermeture, notamment la chaleur. L’enjeu est de corriger un circuit veineux anormal tout en préservant un retour sanguin adapté.

À retenir

  • Objectif : traiter le reflux responsable du dysfonctionnement veineux identifié.
  • Circulation : le réseau est évalué avant de choisir une veine à traiter.
  • Chaleur : plusieurs techniques peuvent agir sur une paroi veineuse.
  • Contrôle : la fermeture et l’amélioration des symptômes se vérifient séparément.

Varices : pourquoi vouloir fermer une veine ?

Une veine utile au retour sanguin et une veine responsable d’un reflux ne remplissent pas le même rôle dans la circulation. Le reflux correspond à une circulation dans une direction anormale, liée notamment au fonctionnement insuffisant des valvules. Ces petits dispositifs naturels orientent normalement le sang dans les veines.

L’objectif d’un traitement n’est donc pas de supprimer des vaisseaux parce qu’ils sont visibles. Il est d’agir sur une anomalie précisément repérée. Le bilan veineux, notamment l’écho-Doppler, permet de comprendre les connexions entre les segments et de préparer une stratégie.

Question préalableUtilité pour la décision
Où se situe le reflux ?Identifier le segment ou le point à traiter
Quels symptômes lui sont associés ?Définir le bénéfice recherché
Comment fonctionne le reste du réseau ?Inscrire le geste dans une circulation globale
Existe-t-il des antécédents veineux ?Adapter l’analyse à une situation déjà modifiée

La fermeture de la veine par HIFU veineux constitue une approche extracorporelle utilisant les ultrasons focalisés de haute intensité. La présentation technique de Sonovein® décrit un chauffage contrôlé dans une zone ciblée, avec observation de la veine en temps réel.

Un exemple aide à comprendre l’indication. Une grosse veine visible au mollet peut être alimentée par un reflux venant d’un autre segment. Décider uniquement d’après ce qui se voit risquerait de négliger l’organisation du circuit. Le médecin doit expliquer quelle cible il a retenue et pourquoi cette cible est pertinente.

Fermer ou retirer : deux manières de traiter les varices

La fermeture laisse la veine en place au moment du geste ; l’éveinage consiste à retirer une veine par une intervention. Les deux approches ne décrivent pas seulement des instruments différents : elles correspondent à des façons distinctes d’agir sur le réseau malade.

Selon Sonovein®, le traitement des varices sans chirurgie désigne la prise en charge du reflux veineux réalisé sans éveinage ni incision, dont seul le traitement par les HIFU se pratique sans franchir la peau, les autres recourant à une ponction ou à un cathéter.

Cette définition concerne l’application du traitement sur la veine. Elle n’exclut pas des injections d’anesthésie locale ou des gestes complémentaires dans le parcours. Le praticien doit les présenter séparément pour que l’expression « sans chirurgie » reste compréhensible.

Vous pouvez distinguer les grandes approches de cette manière :

  • L’éveinage retire un segment veineux.
  • Les techniques thermiques endoveineuses apportent de l’énergie depuis l’intérieur du vaisseau.
  • Les ultrasons focalisés veineux apportent cette énergie depuis l’extérieur du corps.
  • La sclérothérapie agit par un produit injecté, selon une indication spécifique.

L’existence d’une technique externe ne rend pas les autres obsolètes. Un traitement est choisi en fonction de l’anatomie, de l’état clinique et du projet thérapeutique. Le médecin peut proposer plusieurs gestes à des moments différents, parce que toutes les veines concernées ne posent pas le même problème.

Une consultation doit ainsi répondre à une question simple : veut-on traiter un long segment, un point de fuite ou une autre anomalie ? Le nom de la machine vient après cette explication.

Comment la chaleur peut-elle agir sans retirer le vaisseau ?

Le document technique décrit une énergie acoustique concentrée sur une zone focale précise. Les ultrasons traversent la peau, puis produisent un échauffement contrôlé du tissu ciblé. Le principe est thermique : il ne s’agit pas d’extraire mécaniquement la veine.

Dans un traitement externe, l’instrument reste hors du corps tandis que l’énergie atteint une cible située sous la peau.

La tête robotisée de Sonovein® associe une barrette d’imagerie et un transducteur d’ultrasons. L’imagerie permet de suivre la veine et sa réaction pendant la procédure. Le transducteur délivre l’énergie thérapeutique. Cette association explique pourquoi le geste ne se résume pas à chauffer la surface de la jambe.

Le système EPack joue un rôle complémentaire. Sa poche de liquide, ses tubes et son ballon cutané participent à la transmission des ultrasons et au refroidissement de la peau. Le chauffage de la cible et le refroidissement cutané concernent donc des fonctions distinctes du dispositif.

Prenez l’exemple d’un patient qui demande : « Si l’on chauffe ma veine, pourquoi ma peau est-elle refroidie ? » La réponse réside dans la focalisation : l’objectif est de concentrer l’effet thermique au niveau choisi, tout en gérant l’interface avec la peau. Cela ne signifie pas que les sensations ou les effets indésirables sont impossibles.

La présentation technique ne donne pas de réglage universel pour chaque veine. On ne peut pas en déduire une température cutanée, une profondeur ou une durée applicable à tous les patients. Ces éléments appartiennent à la planification médicale et au protocole utilisé.

Si la veine est fermée, où passe ensuite le sang ?

Le retour veineux repose sur un réseau, pas sur une seule veine visible. Avant un traitement, le médecin examine la manière dont ce réseau fonctionne et les conséquences attendues du geste. Il serait incorrect de fermer un vaisseau uniquement parce qu’il paraît inesthétique, sans comprendre sa place dans la circulation.

L’écho-Doppler permet notamment de différencier les segments responsables du reflux et les voies de circulation qui doivent être prises en compte. Vos antécédents peuvent modifier cette analyse : une thrombose ancienne ou une intervention précédente mérite d’être signalée.

Préoccupation du patientExplication attendue du praticien
« Vais-je manquer de veines ? »Rôle de la cible dans votre réseau et voies de retour évaluées
« La grosse veine visible est-elle la cause ? »Relation entre l’apparence et le reflux identifié
« Peut-on fermer toutes les veines anormales ? »Limites et priorités de la stratégie retenue
« Et si j’ai déjà été traité ? »Analyse de la circulation actuelle et de la récidive

Dans une récidive, par exemple, le nouveau problème ne reproduit pas forcément le trajet initial. Une ancienne photographie ou le souvenir d’une intervention ne suffisent pas à décider. La cartographie actuelle fournit une base plus utile.

Pour le patient, l’essentiel est de pouvoir reformuler le raisonnement : le médecin a identifié une anomalie, choisi une cible et vérifié le contexte circulatoire. Si ces éléments ne sont pas clairs, demandez une explication sur l’image ou un schéma simple. Une technique comprise est plus facile à mettre en perspective avec les autres options.

Comment vérifier que le traitement a atteint son objectif ?

Le contrôle distingue le résultat anatomique de l’évolution clinique. Une veine fermée à l’échographie, un reflux interrompu et une jambe moins gênante ne constituent pas exactement le même résultat. Il faut savoir lequel est attendu et à quel délai.

L’étude rétrospective d’Izquierdo Lamoca et collaborateurs, publiée en 2025, concerne 204 membres de 183 patients. Le traitement vise des points de fuite selon une stratégie CHIVA. Les auteurs rapportent 95,5 % d’occlusion primaire à vingt-quatre mois sur les observations disponibles à ce terme, soit environ 96 sur 100 pour cet indicateur. Ce pourcentage ne signifie pas que 96 patients sur 100 sont définitivement guéris.

L’autre étude, publiée par Rodríguez Carvajal et collaborateurs en 2025, suit 164 veines chez 102 patients jusqu’à douze mois. Elle distingue occlusion, réduction du diamètre et absence de reflux. Ces deux travaux figurent dans la présentation technique Sonovein®.

Pour lire un résultat, vérifiez successivement :

  • La cible : point de fuite, segment ou autre type de veine.
  • La définition : fermeture complète, réduction de calibre ou reflux.
  • Le délai : résultat précoce ou contrôle plus tardif.
  • Les traitements associés et les éventuelles reprises.

Les cohortes ne garantissent pas le résultat individuel et ne permettent pas, seules, d’affirmer une supériorité sur toutes les autres techniques. Elles montrent surtout pourquoi le suivi doit être organisé autour de critères précis, plutôt que d’un jugement immédiat sur l’apparence de la jambe.

Que faut-il attendre pour les symptômes et l’aspect des jambes ?

Le résultat visible ne correspond pas toujours immédiatement au résultat sur le reflux. Un patient peut attendre une amélioration de la gêne, un autre la disparition d’un cordon ou de petites veines. Ces attentes doivent être nommées séparément avant le traitement.

Par exemple, si votre principale préoccupation est l’aspect d’une zone du mollet, demandez si cette zone est directement traitée ou si le geste porte sur un autre segment responsable du reflux. Demandez également si un complément est envisagé. Le plan doit distinguer ce qui est prévu de ce qui sera réévalué ensuite.

La présentation technique décrit une imagerie en fin de procédure, mais ce contrôle immédiat ne remplace pas les rendez-vous ultérieurs. Les études évaluent les patients à plusieurs moments parce qu’un résultat doit être suivi dans le temps. Le médecin vous indiquera les délais utiles dans votre situation.

Conservez les consignes sur les activités, la compression éventuelle et le contact à joindre. Si un symptôme persiste, il faut réexaminer son origine plutôt que supposer automatiquement un échec ou programmer un nouveau geste. Une douleur peut avoir plusieurs causes.

Fermer une veine répond à un objectif circulatoire défini. La décision repose sur une cartographie, une cible et un bénéfice attendu. Le traitement devient plus compréhensible lorsque ces trois éléments sont explicités : on agit sur un fonctionnement anormal, puis on vérifie le résultat, sans assimiler fermeture veineuse et disparition instantanée de toute maladie.

Sources

  • Theraclion, Présentation du Sonovein®, présentation technique client, diapositives 8 à 16, document reçu le 18 septembre 2026.
  • Izquierdo Lamoca L. M. et collaborateurs, High-intensity-focused ultrasound treatment for the chronic venous disease based on the CHIVA strategy, Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, 2025.
  • Rodríguez Carvajal R. et collaborateurs, Extra-Corporeal thermal ablation with High Intensity Focused Ultrasound for superficial venous insufficiency: Preliminary results at twelve months follow-up, Phlebology, 2025.
  • Assurance Maladie, Traitement des varices des jambes, 16 mars 2026.

Noé Valmont

Je m’intéresse aux produits que nous utilisons chaque jour, à leur composition et à leur impact réel sur la santé et l’environnement. Mon travail consiste à analyser ces éléments et à les rendre compréhensibles, sans détour. Je privilégie une approche simple et concrète : expliquer clairement, comparer efficacement et proposer des alternatives accessibles.